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Ôde aux pas leaders

Récemment, j’ai écrit un article à propos d’une amie à moi que j’avais perdue et que j’avais laissée de côté de manière pas mal pourrie. Ce n’est pas un follow-up de ça, mais dans l’article, j’avais « loussement » mentionné que depuis que je ne lui parlais plus, j’allais mieux. J’étais plus confiante, plus heureuse, pis plus en contrôle de ma vie. Ici et maintenant, c’est le moment où je te révèle que de quitter mon amie n’as pas fait de moi une personne plus épanouie. Pour vrai, le truc qui a changé mon mood fois mille, c’est d’apprendre c’est quoi ma valeur, pis d’y croire. Pis c’est de ça dont je veux parler. Du fait qu’on vaut tous autant et qu’on est tous importants à la planète. J’te raconte.

Dans la vie, on a tous tellement plein de talent. Autant au niveau personnel que professionnel. Moi, je sais qu’un de mes talents dans la vie, c’est de corriger les fautes de français de mes ami.e.s (on dit occasion, pas opportunité), mais c’est aussi de faire un effort conscient pour rester au courant des choses qui sont importantes à mes yeux. De lire les nouvelles et de rester informée, c’est ça, mon superpouvoir. Je parle en connaissance de cause, ou je me tais. C’est ce qui fait de moi une leader moyen. Une leader, oui ça écoute, mais faut qu’elle lead aussi. Moi, je suis ben plus logique. J’écoute le pouls de ma team, pis je la laisse prendre le devant. Je fais des super beaux Powerpoint, je trippe sur l’analyse, mais tu me demandes d’animer des flos, je vais le faire, mais je vais prendre la peau d’un personnage. Je sais que moi pis l’hyperactivité, ça fait deux. J’ai des amis, qui eux, sont beaucoup plus dans le gut feeling. Leur pouvoir à eux, c’est d’être en connexion avec leurs émotions à un point tel qu’ils sont capable de dire « heille, dans le fond, ce que tu fais, c’est pas éthique, pis j’veux que tu arrêtes », dans des moments où moi j’aurais préféré ravaler mes bobettes que de parler de mes sentiments. C’est tout un art, que de savoir parler quand plusieurs préfèrent se taire. Mais ça, c’est leur force à eux, pas la mienne. J’ai des amis ultra créatifs, mais qui ne comprennent rien à la musique. Moi, le dessin, ça me parle vachement moins qu’une pièce harmonique, parce que de peindre, ça vient du coeur. De jouer, ça vient de la tête. C’est leur talent, pis moi j’ai le mien, pis c’est ben beau. Pendant un moment, j’ai vraiment eu envie d’être comme eux. Gloire à moi, pour avoir envie de travailler mes faiblesses, mais honte à moi d’essayer de dévaloriser mes forces. J’étais tellement convaincue que je voulais avoir cette force-là que j’ai complètement négligé les forces qui me viennent plus naturellement, comme si parce que j’avais moins à les travailler, elles ne valaient rien.

Là, c’est le moment où je te dis que des « gut-feeleux », il en faut. En masse et en masse. Mais si toi, t’es analytique, ou si toi, ta force, c’est d’écouter au lieu de parler, sache qu’il en faut aussi en tonne, des bonnes oreilles. Tes forces et tes instincts ont autant de valeur, même si pour toi, ça vient plus naturellement. Tes talents et tes intérêts distincts font que tu ne ressembles à personne d’autre. Une manière de parler, ça s’imite. Un style vestimentaire, ça se copie. Une manière d’être et d’agir, ça, c’est unique. Personne ne réagit pareil, pis y’a des gens qui ont plus de forces que d’autres, mais ils ne sont pas de meilleurs humains pour autant. Moi, perso, je préfère ben mieux savoir qu’on vient me chercher lorsqu’on a besoin de moi parce qu’on sait que je suis bonne pis talentueuse dans un truc spécifique, plutôt que de rester dans l’ombre de quelqu’un d’autre, à essayer d’être aussi bon qu’eux. De me démarquer par mes forces, c’est beaucoup plus valorisant que de se présenter en étant quelqu’un qu’on n’est pas encore. Je peux me présenter autant de fois que je veux comme leader, mais je n’ai pas encore les skills pour être une leader, donc ça feel fake. Je préfère me démarquer grâce à mes forces acquises, que de miser toute ma vie sur des trucs qui sont trop difficiles pour l’instant.

Fait que, tout ça pour dire que comme t’es là, t’es plus qu’en masse. Tu n’es peut-être pas la personne qu’on vient voir pour se faire réconforter, mais t’es peut-être celle à qui on demande conseil, pis ça a tout son mérite aussi. T’es peut-être pro en cuisine, mais si on te demandait de réparer une maison, on serait loin de ta zone de confort. On n’a pas besoin d’être bon dans tout, pis on a le droit de mettre de l’avant son meilleur profil. Les talents, ça prend de la pratique, des fois, pis c’est correct si tu veux te pratiquer dans l’ombre avant de devenir bon.ne. D’ailleurs, c’est aussi correct si l’idée de réparer des maisons, ce n’est pas quelque chose qui t’enchante. Tu n’es pas obligée d’être bon.ne dans tout, non plus. Moi, je suis l’amie qu’on vient voir pour les conseils, mais pas celle sur qui on pose son épaule pour pleurer, pis les gens le savent. Ils n’attendent pas de moi que je les réconforte, mais je continue à essayer, pour un jour, pouvoir faire les deux. Je suis comme je suis, pis je vais devenir ce que je vais devenir, mais comme j’suis là, ici, maintenant, c’est ben en masse, pis je suis fière.

Peace and love,

la pas-leader

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