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Le féminisme n’est pas tout blanc

Je suis blanche.

Je ne suis pas la mieux placée pour vous parler de ce sujet. Je ne prétends pas faire le tour de la question. Et j’espère ne pas enlever le goût à certain.e.s de s’exprimer là-dessus.

J’ai simplement envie d’en parler. Je voudrais vous inspirer, vous lecteurs, à vous renseigner davantage si le cœur vous en dit.

En ces temps où le débat semble si difficile, où des voix autrefois et encore aujourd’hui opprimées ne sont pas toujours écoutées, je pense que l’on doit se rappeler d’un peu d’histoire pour ne pas risquer de la voir se répéter.

Vous pouvez taper dans Google des noms comme Angela Davis, Kimberlé Crenshaw, Alice Walker, bell hooks. Même Beyoncé en a parlé.

Le Black Feminism, ou féminisme noir, est né dans les années 60, alors que le mouvement féministe déferlait en une deuxième vague, alors que le mouvement des droits civiques américains se soulevaient pour faire reconnaître les droits des Noirs. Les femmes noires se retrouvaient à l’intersection de ces deux luttes. Plutôt qu’avoir deux espaces possibles où leur réalité auraient pu trouver une voie pour être exprimée, aucun des deux mouvements ne prenaient en compte leur position. Pire encore, elles subissaient des discriminations à l’intérieur même du mouvement. En tant que femme, elles n’avaient pas accès à des postes de leadership à l’intérieur du mouvement des droits civiques, étaient la proie de comportements sexistes, et en tant que personne noire, elles vivaient du racisme à l’intérieur du mouvement féministe et ne voyaient pas leur réalité représentée dans les enjeux que soulevaient les féministes blanches.

Par exemple, lorsque les féministes blanches se sont battues pour le libre accès à l’avortement, les femmes noires faisaient face à des programmes de stérilisation contrainte. Ces programmes ni visaient ni les hommes noirs, ni les femmes blanches.

Il était nécessaire de créer un canal pour faire entendre leurs voix et inclure d’autres minorités aussi exclues de ces mouvements sociaux.

Saviez-vous que le mouvement #BlackLivesMatter a été créé par trois femmes noires ? Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi, toutes trois issues du Black Feminism. D’ailleurs, c’est pertinent de creuser plus la question de la brutalité policière dont sont victimes les femmes noires. Elles aussi meurent sous le coup d’armes policières et subissent des agressions de toutes sortes.

Le Black Feminism est un mouvement qui crée de l’espace pour des gens qui ne sont pas entendus. À la base du mouvement, il y a le concept d’intersectionnalité. C’est une volonté de prendre conscience des différents statuts qui sont à la base de discrimination : le genre, la race, la classe sociale, l’orientation sexuelle, nos handicaps, et j’en passe.

C’est en reconnaissant et en incluant toutes ces personnes que nous seront à même de changer les choses.

C’est inspirant, non ?

Source photo de couverture: Unsplash

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