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Politique : voter au-delà des apparences

« Paroles, paroles, paroles » chantait Dalida pour repousser les belles paroles d’un séducteur invétéré. Il est difficile ces jours-ci de ne pas voir un parallèle entre la séduction amoureuse et celle que nous offre les politiciens québécois, qui font tout pour nous charmer afin d’aller chercher nos précieux votes. À travers de multiples promesses, discours, publicités et débats, il peut être difficile pour l’électeur moyen d’avoir une idée juste des différentes options qui s’offrent à lui, surtout s’il ne suit pas la politique hors de la période électorale. Voici quelques conseils pour être plus critique face aux messages qui s’offriront à vous.

Le discours

Pour tout bon orateur, il est très facile, avec les mots, de susciter chez son auditoire diverses émotions et d’aller titiller la corde sensible de certaines factions de l’électorat. Il est tout à fait légitime d’utiliser ses talents de communicateur pour convaincre les gens. Toutefois, les actions ou, du moins, les promesses contenues dans son programme politique doivent aller dans le sens des valeurs véhiculées par le politicien. Par exemple, dans les prochaines semaines, il sera très certainement question d’éducation. Tous les politiciens sans exception vous diront main sur le cœur que c’est super important et que ce serait une priorité pour eux advenant leur élection au gouvernement.

Pour avoir l’heure juste sur les différents enjeux, il faudra donc absolument voir ce que les partis proposent concrètement dans leur plateforme et réfléchir sur les effets qu’auraient leurs promesses électorales. Pour ce faire, nous pouvons nous questionner sur comment cette mesure serait mise en œuvre, combien elle coûterait, qui serait touché, etc.

Il faut également porter une attention particulière au contexte dans lequel s’inscrit la proposition, afin de déterminer si celle-ci constitue réellement la bonne solution à un problème. Il faut faire attention aux chiffres venant de contextes différents qui sont cités pour appuyer une idée. Certains politiciens omettent volontairement certains faits, ce qui permet de manipuler les chiffres pour leur donner une direction précise.

Il est aussi pertinent de vérifier si la proposition respecte notre constitution, autant sur le plan du partage des pouvoirs que sur le plan des droits et libertés. Si ce n’est pas le cas, il y aurait peu de chance qu’elle puisse être réalisée.

Pour vous simplifier la tâche, Radio-Canada produit régulièrement des capsules intitulées La Vérif et qui ont pour but d’analyser le plus objectivement possible les différentes propositions. Vous pouvez également vous fier pour certains enjeux sur les positions de regroupements crédibles et non-partisans de la société civile, comme Équiterre ou Amnistie internationale.

L’image

L’image peut parfois être un puissant leurre. Comme je l’ai mentionné ci-haut, il est facile avec le discours de se donner une image de défenseur de telle ou telle cause, sans l’être réellement. En plus, un politicien moindrement habile avec les médias peut faire ressortir certaines qualités humaines qu’il n’a pas nécessairement. Rassurez-vous, les politiciens ne sont pas tous des êtres machiavéliques qui mentent de manière consciente et délibérée pour manipuler l’électorat. Il faut néanmoins garder en tête qu’il est naturel de se présenter sous le meilleur jour possible pour susciter l’adhésion du maximum de personnes.

Pour l’électeur, il est tout à fait normal d’être tenté de voter pour quelqu’un qui nous apparaît sympathique. Toutefois, nous ne nous choisissons pas un partenaire de brosse, mais bien une personne qui nous représentera à l’Assemblée nationale et qui prendra d’importantes décisions, avec toutes les responsabilités que cela comporte. C’est pourquoi notre choix devrait avant tout se faire en fonction des idées concrètes qu’il porte, ainsi que sur son sérieux et ses compétences. La qualité de la candidature peut se mesurer par le parcours de la personne, par sa préparation dans les débats ainsi que sa maîtrise des différents dossiers.

En somme, le but de cet article n’est pas d’évacuer tout sentiment et de rendre la politique fade et ultra-intellectualisée. Les sentiments restent pour la très grande majorité le moteur de l’implication ou de l’engagement politique des candidats. Sans eux, la politique ne serait certainement pas aussi trépidante et passionnante! Je pense cependant qu’il doit y avoir un sain équilibre entre le contenant et le contenu et, pour cela, il faut se donner la peine de lire les plateformes et de réfléchir aux différentes propositions. Il peut souvent arriver que nous ayons des idées préconçues sur certains partis ou politiciens. En fouillant un peu, nous sommes plus à même de voir ce que la personne ferait réellement au pouvoir et c’est ultimement ce qui compte le plus, car c’est ce qui aura un impact sur nos vies.

Sur ce, je vous souhaite bonne chance dans vos réflexions!

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