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Pourquoi tu ne veux pas manquer la nouvelle saison du théâtre La Bordée

La rue St-Joseph à Québec est peut-être la plus belle de toute la ville. Librairies, cafés, restaurants, boulangeries, épiceries exotiques, la grande église et son parvis… Ça grouille de vie, d’odeurs, de gens de toutes origines et c’est pour moi l’occasion de m’immerger dans la poésie urbaine, d’y goûter avec tous mes sens. Et au cœur de ce tourbillon, le théâtre La Bordée représente les poumons culturels de cette frétillante artère. Avec son insigne édifice qui domine le centre-ville, sa salle de spectacle qui rend jaloux les autres théâtres de Québec et ses pièces réputées être des valeurs sûres, l’institution théâtrale s’est forgée une place plus qu’enviable dans notre décor culturel. L’agitation de la rue semble bien s’immiscer entre ses murs, car les projets innovants bouillonnent. Lieu de création, de diffusion, de collaboration et de découverte, La Bordée est bien en vie et meurt d’envie, cette année encore, de nous le prouver.

Ça tombe bien, le théâtre reprend l’affiche sur St-Joseph et, nous, à la Fabrique Crépue, on commence à en trépigner de bonheur et d’impatience. Cette année, le directeur artistique, Michel Nadeau, nous promet une saison axée sur la problématique de l’identité par l’entremise de textes profonds et, pour la plupart, bien établis dans l’univers de la scène. Amour, religion, langue, transsexualité; les ingrédients pour faire réfléchir, provoquer et nous émouvoir ne changent pas, mais les metteurs en scène savent renouveler la recette.

Certainement que notre monde et que notre petite ville ont besoin d’un divertissement qui nivelle vers le haut. Certainement que nous avons besoin de textes brillants, d’acteurs qui savent les investir, les porter en eux et les incarner. On le sait, notre civilisation change rapidement, trop rapidement. Le théâtre fait donc le pari difficile de suivre ce changement, tout en essayant de faire un petit pas de côté pour nous permettre de réfléchir, pour nous permettre de nous regarder, pour nous permettre de rire de nous-mêmes, pour nous permettre de nous retrouver dans le rythme effréné de notre société.

La saison commence en force. Du 18 septembre au 13 octobre, La réunification des deux Corées prend place. Il s’agit d’une mise en scène d’un texte de Joël Pommerat, un des hommes de théâtre les plus en vue en Europe, signée par nul autre que le directeur de La Bordée lui-même, Michel Nadeau. La pièce nous promet d’explorer l’amour sous tous ses angles en faisant défiler devant nous une multitude de tableaux dépeignant la complexité et la pluralité des formes qu’il peut prendre; grande fresque où s’aligneront plus de vingt personnages, tout autant de costumes et encore plus d’émotions nuancées.

Du 30 octobre au 24 novembre, The dragonfly of Chicoutimi envahit les planches. Il est question encore une fois d’un texte qui a fait ses preuves, signé par un artiste hors du commun dans le paysage québécois, Larry Tremblay. Au menu, le récit d’un vieil homme (Jack Robitaille) qui fait son récit de vie, en anglais comme s’il avait toujours parlé cette langue. Le metteur en scène Patric Saucier explore davantage cette pièce sous l’angle de la fracture, du double identitaire, voire le trouble psychologique et la schizophrénie.

Du 15 janvier au 9 février, Rotterdam débarque à Québec. Le spectacle sera assurément pertinent pour notre époque qui voit maintenant éclore la diversité des genres sexuels et des formes de relations amoureuses. Voici d’ailleurs le court synopsis que La Bordée propose pour annoncer le spectacle : « Alice vit avec Fiona depuis sept ans. La veille du Nouvel An, elle décide de sortir du placard et de l’annoncer à ses parents. Mais avant d’envoyer son courriel, Fiona tient à lui annoncer quelque chose à son tour: elle veut devenir un homme… »

Du 26 février au 23 mars, au tour de Sauver des vies. Pascale Renaud Hébert mettra cette fois en scène son propre texte, lequel se veut un moyen de convoquer toute la gamme des émotions, alors que la pièce traitera du thème de la maladie. Mais, cet état n’exclut pas pour autant l’humour, ni aucune émotion d’ailleurs, puisque l’épreuve qu’elle représente est si éprouvante qu’elle nous révèle sous toutes nos formes.

La saison se clôt du 16 avril au 11 mai avec Christine, la reine-garçon. Personnellement, je l’attends avec impatience puisque cette œuvre pose la question des limites entre aspirations personnelles et aspirations communes, une problématique cruciale que l’on oublie trop souvent à l’ère de l’individualisme et du droit individuel triomphant. Pour ce faire, on retourne dans la Suède du 17e siècle, où la reine Christine convoque René Descartes pour comprendre le sentiment amoureux qui l’habite; intriguant et prometteur!

Vivement que la saison commence!

Pour plus d’infos, c’est ICI et .

Crédit images:

Guillaume Simoneau/ Le Consulat et La Bordée 

*Cet article est commandité par La Bordée

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