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J’ai menti quand j’ai dit que j’étais passée à autre chose

Déjà plus d’un an, j’imagine. Je dis j’imagine parce que j’ai tellement essayé de m’étourdir que j’ai perdu le décompte. Ou parce que j’aurais trop l’air loser de savoir exactement le nombre d’heures (soit 8 765) depuis qu’on est plus ensemble. Depuis « qu’on s’est quittés d’un commun accord », aka depuis que tu m’as laissée parce que tu m’aimais pu. Mais ça on le dit pas. On est bon pour s’étourdir. On s’étourdit en collant nos lèvres encore imbibées de larmes sur des inconnus trop saouls pour se rendre compte. C’est ben plus in avoir un rebound que de la peine. On s’étourdit avec l’alcool. On s’étourdit avec le travail. On s’étourdit parce que maintenant, c’est ça qu’on fait. On prend jamais le temps de brailler en petite boule avec le pot de crème glacée. On passe au prochain en faisant semblant qu’on-est-le-plus-fort-des-deux.

Quand on me demande si je pense encore à toi, je réponds automatiquement : « Ben non, voyons donc! Ça fait tellement longtemps. Je m’en fous. »

Mais pourtant, chaque jour, je pense à toi. Chaque fois que je me couche et que personne ne peut remplacer ton odeur. Chaque fois que je te stalke pis que je te vois sourire, sans moi. Chaque fois que je me demande ce que j’ai fait (ou pas). Chaque fois que tu me textes juste pour jouer dans ma tête. Ou chaque fois que je me dis qu’au contraire, tu regrettes vraiment. Chaque fois que j’ai une fréquentation pis qu’il est dont ben moins cool que toi. Je dis que je suis passée à autre chose, mais pourtant, chaque fois que j’entends ton nom, j’ai un dix roues qui me passe dans ‘gorge. Mais je peux rien dire de tout ça.

Pourquoi après tout ce temps, tu me rends molle comme une guimauve, comme un spaghetti trop cuit. Pourquoi après tout ça, une partie de moi continue d’espérer secrètement que tu reviennes.

J’ai menti quand j’ai dit que j’étais passée à autre chose. J’ai menti quand j’ai dit que je ne pensais plus à toi. J’ai menti parce que c’est plus simple. J’ai menti parce que je ne suis pas capable de faire comme les autres. J’aurais sûrement l’air d’une fille qui croit encore aux contes de fée. Pourtant je sais qu’on est tout sauf beaux, à se mentir sans se regarder dans les yeux pour se convaincre que je suis donc ben heureuse pour ta nouvelle blonde et toi.

L’amour, les peines d’amour, pis toutes les affaires qu’on fait entre ça, c’est ben plus compliqué que 8765 heures sans te parler.

Par Sarah Prud’homme

Crédit photo : Brodie Vissers

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