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Les Crépus au théâtre : La réunification des deux Corées

L’école recommence, la grisaille s’installe, les jours raccourcissent, les vacances sont définitivement terminées, MAIS le théâtre de La Bordée relance ses activités. De quoi mettre un peu de baume et de répit dans nos vies. À l’occasion du lancement de sa saison, La réunification des deux Corées s’installe sur les planches de la rue St-Joseph du 18 septembre au 13 octobre.

Et nul doute qu’elle est lancée, cette nouvelle saison, alors que la pièce fait défiler devant nous plus d’une vingtaine de scènes de style tableau dans lesquelles rien de moins qu’une cinquantaine de personnages prennent vie par l’entremise de neuf acteurs. Au menu, l’Amour avec un grand «A», mais aussi avec un «a» minuscule et un autre en italique ou souligné. C’est en fin de compte l’amour sous toutes ses formes et à travers tout son éclat, son ambivalence et son ambiguïté qu’on tente ici de dépeindre. Spectacle attendu parce que Joël Pommerat, auteur français phare dont les preuves ne sont plus à faire, signe le texte. La mise en scène est, quant à elle, prise en charge par un certain Michel Nadeau, directeur artistique de La Bordée, mais aussi metteur en scène, comédien et auteur, bref homme de théâtre expérimenté, récompensé et impliqué.

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Une chose est sûre, on ne voit pas les deux heures du spectacle passer. Les tableaux s’enchaînent rapidement sans toutefois s’effacer avant qu’une émotion forte puisse poindre. Dans un style tragi-comique où toute la gamme des émotions est suscitée, l’intensité est au rendez-vous et éclate sans cesse. Comme quoi l’amour ne peut pas nous être indifférent et ne peut faire autrement que résonner haut et fort en nous. Le rire fuse dans la majorité du spectacle, laissant parfois place à l’inquiétude et à l’incertitude, réactions toutes liées au fait qu’il s’agit de mettre en scène des incompréhensions amoureuses, des quiproquos, des situations impossibles et intenables, des dialogues difficiles. La pièce tire sa force en jouant sur les perceptions, c’est-à-dire en présentant des personnages incertains, confus et ayant des relations équivoques entre eux.

C’est de ces tensions que se nourrit le spectacle. Le tout nous ramène forcément à nos expériences vécues, nous fait visiter la complexité du phénomène amoureux.

Impossible de ne pas saluer le jeu des acteurs et la mise en scène, alors que tout est continuellement en mouvement sans pour autant entraîner un chaos. Les comédiens font preuve d’une grande polyvalence, incarnant, désincarnant et réincarnant une panoplie de personnages aussi vrais les uns que les autres, et ce, sans que les précédents contaminent les nouveaux.

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Curieusement, le bémol du spectacle provient peut-être de là où nous ne l’attendions point. Le texte, misant sur une formule déjà bien connue au grand écran et au théâtre – l’agencement de tableaux connexes, mais étrangers l’un à l’autre –, s’éparpille plus qu’il ne creuse. L’effet ressenti est que le souci de divertir passe avant celui de réfléchir et de questionner. Les petites alvéoles que représentent les diverses saynètes sont en elles-mêmes intéressantes, elles n’arrivent cependant point à former une ruche, un tout cohérent entre elles. L’auteur voulait-il simplement nous laisser créer le sens par nous-mêmes ?

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Il faut néanmoins insister sur le fait que le jeu en vaut la chandelle et que la saison de La Bordée commence en force. La réunification des deux Corées saura vous entraîner dans son univers, ou ses univers, avec joie et intérêt.

*Cet article est commandité par La Bordée

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