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Le féminisme essentialiste

À l’origine du mouvement féministe, on a vu des femmes se couper les cheveux courts, porter un pantalon, se mettre à fumer, rester célibataire, faire des métiers masculins. Elles faisaient ça pour sortir du rôle qui leur est traditionnellement imposé.

Par contre, les partisan.es du féminisme essentialiste croient que de vouloir ressembler aux hommes, d’adopter leurs comportements pour évoluer dans un monde construit par et pour eux est contre-productif. Ce serait une façon de nier le féminin, de l’assimiler. Pour s’émanciper, les femmes devraient donc travailler à revaloriser les qualités féminines.

Cela implique, entre autres, de mettre de l’avant l’« éthique du care » dans notre société; de revaloriser la maternité, le soin des enfants, voire carrément rémunérer le travail à la maison et le soin des enfants; de promouvoir la méthode symptothermique comme méthode de contraception naturelle; d’encourager la parité, pour profiter davantage des qualités féminines; d’inciter les femmes à affirmer leur féminité plutôt que de chercher à ressembler aux hommes; de viser la complémentarité des sexes.

Mais à trop chercher la complémentarité, on incite chacun à se confiner à son rôle en créant des vases non-communicants.

C’est une aventure plutôt risquée de définir des qualités « féminines ». On dit que la douceur, c’est féminin. (Déjà, la douceur, c’est plutôt flou. Mais tentons tout de même.) Une femme qui n’est pas douce, qui serait forte ou brusque ou raide ou ferme ou dure, serait-elle moins femme? Un homme qui est doux, serait-il moins homme?

Si oui, on exclut beaucoup de gens de chacune de ces catégories.

Si non, alors, combien de caractéristiques faut-il pour déterminer si on est bien une « femme » ou un « homme »?

Si la maternité est féminine, une femme peut très bien faire sa vie sans avoir d’enfants, sans en élever, sans en ressentir le besoin et se réaliser quand même comme individu. Et comme femme. J’espère bien qu’être femme ne se résume pas qu’à ça.

Parce qu’à l’opposé, qu’est-ce que ça voudrait dire, être un homme? Est-ce que ce serait tout le reste?

Vive l’éthique du care et le changement de paradigme vers un monde d’entraide plutôt qu’un monde de compétition.

Vive la valorisation du travail domestique, travail souvent assumé par les femmes sans que cela leur profite, travail invisible que l’on prend pour acquis, sans reconnaissance.

Vive les méthodes de contraception naturelle et la connaissance intime du fonctionnement biologique de son corps.

Vive la parité et la place faite aux femmes dans tous les domaines.

Vive la revalorisation de la féminité. Ce qui est féminin ne devrait pas être « moins » que ce qui est masculin.

MAIS, SURTOUT!

Vive les congés de paternité et les hommes à la maison et les femmes sans enfants.

Vive les méthodes de contraception masculine.

Vive les femmes dans des métiers traditionnellement masculins.

Vive les hommes dans des métiers traditionnellement féminins.

Vive les hommes efféminés, vive les « butches ».

Vive les trans, hommes ou femmes. Vive les personnes intersexes. Vive les queers.

Vive la non-binarité.

Ce sont toutes ces personnes qui ne correspondent pas à une catégorie toute propre et bien définie qui me donnent réellement ma liberté. Celle de faire ce que je veux, d’être ce que j’ai envie.

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