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Le stress de la vie sociale

J’ai catché quelque chose sur moi-même en jouant à Sims dernièrement. S’occuper de soi, ça prend tellement de temps et d’énergie que c’est toujours la jauge « Social » qui prend le bord. Toujours vide. J’ai jamais le temps d’aller sur les terrains publiques pour la remplir sans que mon Sim s’évanouisse dans la rue ou s’urine dessus.

J’ai trouvé que ça ressemblait beaucoup à ma vie (sans l’incontinence, évidemment.) Parce que malgré le fait que je sois assez extravertie, je suis vraiment gênée et ça me tire pas mal de jus de devoir avoir des interactions sociales. En plus, avec le travail, l’école, les projets, les devoirs, le train-train quotidien, je n’arrive plus à placer une case « Vie sociale » dans mon agenda sans devoir empiéter sur le repos dont j’ai absolument besoin.

Jusqu’au jour où j’ai téléchargé l’extension Animaux et cie. (Je vous jure que je suis pas commanditée par les Sims. Mais si jamais EA Games voit cet article, je suis ouverte, héhé). À partir de ce moment-là, j’ai réalisé que mes Sims n’avaient plus besoin de sortir de la maison et de s’exténuer pour avoir des interactions sociales satisfaisantes. Ils avaient juste à caresser leur chien ou leur chat, leur donner de l’affection et en recevoir en retour.

C’est ça, mon mode d’extension à moi aussi. Mes animaux.

La vie sociale, c’est quelque chose. Pis plus ça va, moins ça va. Je stresse, je veux tellement pas être plate que je parle pis je parle pis je parle pis finalement je dis juste des maudites niaiseries. Pis on me regarde croche et je stresse encore plus. Le lendemain matin, quand l’adrénaline redescend, je déprime, je me sens mal, je me dis que je suis donc nulle pour avoir une conversation agréable. Je pense que les gens m’en veulent ou que le complément de ma phrase les a blessés. Je me dis que les gens sont beaucoup mieux quand je sors pas avec eux. Ils passent sûrement une meilleure soirée, pis moi je passe un meilleur matin.

Finalement, je m’isole, je reste encabanée pour les nombreuses semaines à venir, je finis par me sentir comme un ermite. Ma jauge d’interaction sociale vire au rouge.

C’est à ce moment-là que Bolide se décide à pratiquer l’alpinisme sur mon dos et la massothérapie sur mon ventre. Elle ronronne comme un truck en éparpillant ses phéromones sur ma peau.

Mais Pepper est jalouse de ne pas se faire caresser aussi, et saute sur mes cuisses pour recevoir à son tour un peu d’affection et en profiter pour tenter une autre fois de me lécher dans le visage. C’est comme si elles essayaient de me dire : « On comprend, Noémi. Nous aussi, on a de la misère à communiquer avec les autres. Mais on a ce qui compte le plus : de l’amour à te donner peu importe les niaiseries que tu peux dire, des fois. »

Sincèrement, j’échangerais ma relation avec mes animaux pour aucune relation avec des humains. Et je sais que ce que je déclare ici semble fou pour certains. Mais ils savent calmer une tempête en moi comme s’ils me comprenaient mieux que moi-même je me comprends. Ils discernent mon anxiété avant même que je m’aperçoive que je suis en crise alors qu’aucun ami ne pourrait même savoir que je suis en crise.

En plus, je peux pas dire que je hais ça revenir du dépanneur pis me faire accueillir comme si je revenais de la guerre. Ça fait un petit velours

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