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Lettre à mon amie maman – Lettre à mon amie sans enfants

Il y a trois ans, ma BFF est tombée enceinte. Dépassée par les événements, j’avais l’impression de perdre ma place. 3 ans plus tard, notre amitié est plus forte et plus authentique que jamais.

Vivre seule entourée de mamans peut parfois être difficile.

S’adapter dans son nouveau rôle maternel peut l’être aussi.

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À mon amie maman, je t’admire. Tu es merveilleuse et crois-moi, je sais que tu en as beaucoup sur les épaules.

Je trouve remarquable et inspirant que tu aies mis un certain côté de ta vie sur pause pour créer la famille que tu voulais tant.

J’ai eu du mal à suivre tout ce qui s’est passé depuis ta grossesse. Tu m’expliques des choses dont je ne savais même pas l’existence. Je tente de m’impliquer et d’en apprendre davantage, mais je me sens parfois dépassée par les événements.

Il m’arrive de ne pas me sentir bien ou d’être fatiguée, mais je n’ose pas toujours t’en faire part, car je suis consciente que tu n’as pas dormi depuis trois mois.

Tu me dirais que j’ai de la chance d’être sans gamins et sans obligations à la fin de ma journée.

Je m’ennuie de nos appels ou l’on se racontait nos semaines désastreuses ou folles, mais dorénavant, tu en as sûrement vécu d’encore pires avec ton terrible two qui a dessiné sur le mur du salon que tu viens de peinturer.

On se prépare maintenant un souper six semaines à l’avance et à chaque fois, j’ai si hâte. Je me dis que pour l’instant d’une soirée, on va s’amuser comme dans le temps. La sortie arrivée, on parle de bébé et je ne comprends rien. J’ai plein d’affaires à vous partager, mais la conversation rebondit de décollement de placenta à la gastro du bébé en passant par les couches en rabais chez Costco.

J’ai un deuil à faire, mais j’ai l’impression d’être parfois la seule à le vivre.

Ça me manque parfois de me sentir valable et importante pour toi même s’il y a un côté de ta vie que je comprends moins.

J’ai envie de faire partie de ton nouvel univers tout comme toi aussi, tu gardes un pied dans le mien.

Émilie

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À mon amie sans enfants,

Il m’arrive souvent d’annuler nos sorties quand je suis trop fatiguée.

Je me sens parfois jugée et coupable, mais c’est hors de mon contrôle et je ne peux rien y faire vraiment.

J’ai des minimois qui me demandent beaucoup de mon temps et de mon énergie.

Chaque soir, j’ai environ 5 minutes de pause avant de me coucher, mais je m’endors en quelques secondes. Tes invitations sont toujours tentantes, mais je dois dire non, car je dois être au meilleur de ma forme dans quelques heures et que je ne peux pas me permettre de me réveiller à 11 h.

Le samedi matin, j’ai probablement un cours de karaté à 9 h. J’espère que tu le sais que je ne t’oublie pas et que je regarde toutes tes stories sur Instagram, et que ta vie a l’air si… libre! Tu me sembles à avoir beaucoup de plaisir, même sans moi.

Je ne suis pas malheureuse. Je peux en avoir l’air quand j’explique tout ce qui s’est déroulé durant ma dernière semaine avec mes enfants, et en étant toujours entourée d’eux, j’en suis parfois si fière ou surmenée que oui, j’en parle trop. Mon rôle de mère est profondément ancré en moi donc j’oublie que j’étais aussi une femme et une amie avant eux. J’ai fait le choix de fonder une famille et ça m’apporte énormément de bonheur, un bonheur certes différent du tien, mais tellement valorisant pour moi.

Il m’arrive de le remarquer lorsque tu te sens délaissée. La culpabilité embarque et je comprends que le changement peut être difficile, mais je tente de ne pas trop y penser, ce serait trop lourd pour moi.

J’espérerais avoir l’énergie et la liberté pour te suivre dans ta vie sans lendemain.

Le plaisir que j’ai, l’instant d’une soirée, j’en profite au maximum de mon énergie parce que je sais que ça n’arrivera pas chaque semaine.

Je t’aime autant qu’avant et tu es aussi importante pour moi.

Continue à vivre et évoluer.

Connecte aussi avec de nouvelles personnes qui vivent davantage comme toi pour continuer à t’épanouir différemment qu’à mes côtés.

Je te promets, je vais t’aimer autant et j’adorerai toujours t’entendre raconter tes histoires folles.

Natasha

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Je veux vous faire comprendre que l’on vit toutes environ la même chose, mais qu’on ne communique malheureusement pas assez. On garde chacune pour soi ce que l’on ressent jusqu’à ce que quelque chose se brise.

Si tu t’es reconnue dans ce texte, peu importe dans quel rôle, si j’étais toi, j’irais prendre un café avec mon amie concernée pour discuter. Que tu sois mère ou non, donne-toi le droit de te créer de nouvelles amitiés, ça ne t’enlèvera jamais les autres. Tu évolues et à un certain tournant de ta vie, ça va arriver que des affinités changent et c’est correct, car l’humain est ainsi. On s’attache à notre passé comme si on ne pouvait expérimenter autre chose et finalement, c’est souvent pour le mieux lorsqu’on lâche prise.

Ça va peut-être même apporter un second souffle à votre lien de partager des moments avec de nouvelles amies qui vivent davantage ta réalité.

À un certain moment, si ton cercle d’amies ne te respecte pas et te fait sentir moins importante malgré les efforts de dialogue, tu peux vivre et être autre chose avec de nouvelles personnes.

Allez mon amie, viens, on va être bien.

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Merci à mon amie Natasha Sioui pour ses mots.

Par Émilie Potvin

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