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J’étais pas prête pour toi

T’étais pas mon premier amour. Ni ma première relation. Mais t’étais le premier que j’aimais pour vrai. Le premier avec qui je me voyais longtemps. Celui avec qui je voulais vraiment m’investir. Celui dont je regardais les photos de bébé en me disant que nos enfants allaient être cutes.

Tu m’aveuglais. T’sais, le genre de gars qu’on se dit qu’on pourrait jamais avoir. Le beau, sportif, sur qui toutes les filles trippent. Pis y’avait moi. Pis après y’a eu nous. J’ai jamais compris ce que tu me trouvais. C’est peut-être là que commence le début de la fin. Mon insécurité constante. Toi qui me rassures. Moi qui est encore insécure. Toi qui claques la porte parce que t’es tanné de me rassurer. Moi encore plus insécure parce que tu ne veux plus me rassurer. Et là, les crises, la jalousie, les « ça va passer avec le temps », et le temps qui avance sans que ça passe.

Tu seras toujours mon « what if ».  « What if » on s’était rencontrés à 25 ans, prêts à bâtir nos vies. Quand toutes nos conneries de jeunesses auraient été faites, tes erreurs pardonnées par une blonde de passage, les miennes par une fréquentation à laquelle je tenais pas vraiment.

« What if » on se redonnait une chance, maintenant. Qu’on était capables de tout se pardonner, d’effacer le passé. De se laisser-aller au jeu de l’amour, sans craintes ni cicatrices à demi guéries. Si on se faisait aveuglément confiance, comme deux adolescents, en s’aidant comme des adultes. Si on se communiquait vraiment nos émotions, sans barrières.

Je sais que la vie marche pas comme ça. Je sais que t’es (sûrement) passé à autre chose. Que c’est moi qui vis dans un conte de fées. Qu’on s’est trop fait mal. Que c’est du passé. Enterré ben profond. Que revenir avec ses ex, c’est cave.

Mais je suis pas capable d’arrêter de penser à ce que ce serait aujourd’hui, pis demain, pis dans deux ans. À ce que ce serait si j’avais eu le bagage pour gérer notre relation. Si on avait eu le recul, la maturité pis la force de régler nos conflits, de s’aider pis de se comprendre. Si on était capables de mettre notre orgueil de côté, pour se dire les vrais affaires.

J’étais pas prête émotionnellement, psychologiquement, physiquement à tout ce que t’allais me faire vire. Mon petit corps fragile pouvait pas gérer une aussi grosse charge électrique, un aussi gros amour.

« What if » les deux on s’aime encore, à voix basse. « What if » on se le disait, en chuchotant. « What if », aujourd’hui, ça pourrait marcher?

Par Sarah Prud’homme

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