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Compost : l’or brun du futur – trucs et fonctionnement

« J’aimerais don’ ça savoir comment bien composter pour pas que ça pue et qu’il y ait des mouches à fruit! »

Ma mère venait implicitement de me donner le sujet de mon prochain texte : le bac brun, son utilité et les trucs pour s’en servir.

J’habite à St-Hyacinthe, ville de la Rive-Sud à 45 minutes de Montréal. Je le précise parce que les gens me regardent souvent avec une face bizarre quand je parle de ma ville. Peu importe, à Saint-Hyacinthe, la couleur brune est très tendance. Elle est proposée pour s’agencer aux deux autres couleurs dominantes : le vert et le noir (recyclage et poubelle). Ma famille s’est installée dans la métropole agricole il y a maintenant 10 ans et nous participons au compostage des aliments depuis le tout début. Pour faire un portrait de la province, actuellement, au Québec, c’est seulement 30% des municipalités qui offrent les services de « collecte de matières organiques ». Par contre, le compostage fait partie des conversations de la mairie de plusieurs villes et des progrès semblent vouloir se pointer le bout du nez. Il ne faut tout de même pas se décourager avec ce pourcentage, car le Québec est la 3e province au Canada qui fait le plus de compost et de recyclage derrière L’Île-du-Prince-Edouard et la Colombie-Britannique. Néanmoins, même si l’on en entend souvent parler, ça ne veut pas dire qu’on sait exactement en quoi cet exercice consiste et surtout, comment bien le pratiquer. C’est pourquoi, moi-même un peu ignorante, j’ai fait de petites recherches pour pouvoir mieux vous outiller.

Jusqu’à pas si longtemps, le compost égalait « vide table ». Je pensais qu’il ne servait qu’à se débarrasser de tout déchet organique ou d’apparence organique pour faire un bel engrais naturel pour nos plantes. Loin de là. Le compost est vraiment de l’or brun et au contraire de ce que je croyais, ce n’est vraiment pas tout qui peut terminer sa vie dans le bac brun, à commencer par les fameux sacs en plastique biodégradables. Oui, ils facilitent notre vie quand vient le temps de jeter les résidus à la maison, mais ils sont vraiment nuisibles au fonctionnement complet du compost, principalement parce que le sac prend bien plus qu’une journée pour se décomposer. Donc, lorsque les contenus des bacs sont vidés et que les sacs sont « éventrés » dans les centres de tri (dans les villes qui l’offrent), ils sont par la suite jetés dans les ordures et souvent, c’est le sac avec son contenu complet qui est jeté, donc qui ne va pas au centre de compost, ce qui occasionne une perte importante de matière.

Ensuite, pour ce qui est de savoir ce qui va ou ne va pas dans le bac, il faut savoir si on fait le compost à usage personnel ou s’il s’agit du compost qui sera ramassé lors de la collecte de matières de la ville.

Premièrement, pour ce qui ne doit PAS aller dans le tas qui est à usage personnel, nous avons : les briquettes de BBQ qui peuvent contenir des produits chimiques, les mousses de sécheuse, les cheveux traités, des excréments d’animaux, les huiles végétales, la mayonnaise, les vinaigrettes et sauces à salade, les viandes, les poissons (« ils ont besoin de températures extrêmes pour se décomposer » et attirent des animaux), les produits laitiers (fromage, yogourt, lait et crème glacée) qui empêchent l’air de circuler, les « mauvaises herbes » avec des graines, car elles vont repousser, le papier ciré et le papier de couleur, les plantes qui ont été en contact avec des pesticides, les plantes malades, la poussière de la maison et/ou de la balayeuse.

Deuxièmement, pour ce qui ne doit PAS aller dans le bac qui sera ramassé par la ville, ce sont toutes les mêmes choses à peu près, sauf pour le poisson, les vinaigrettes et autres nourritures grasses ainsi que les produits laitiers. C’est simplement parce que c’est le centre de compost qui s’occupera d’en faire la décomposition complète. Par contre, si l’on ne veut pas attirer des animaux dans notre bac extérieur, il est mieux de ne pas les mettre.

Tout le reste des résidus de table s’intègre très bien dans le bac et favorise le bon fonctionnement du compost (agrumes, bananes, le marc de café, les céréales, les champignons, les coquilles d’œuf, les plats cuisinés, etc.).

Je mentionnais plus haut que des odeurs dérangeaient parfois dans notre maison. Voici donc quelques trucs pour que ce problème fréquent soit résolu. Chez nous, nous utilisons une petite poubelle en plastique à l’intérieur pour ensuite la transvider dans le bac brun dehors. Or, il faut savoir que le plastique est un matériau qui absorbe l’odeur. Pour diminuer les effets du plastique, on peut mettre un journal plié comme démontré ici :

Ceci est une technique pour emballer les matières pour que le jus ne puisse pas couler.  On peut également emballer chaque résidu dans du papier ou mettre une couche de papier à chaque fois que l’on se sert du petit bac. Pour couper totalement les odeurs et les mouches, on peut mettre les résidus dans le congélateur ou dans le réfrigérateur (dans des contenants de crème glacée, par exemple) en vidant ses restes dans le gros récipient régulièrement ou seulement lors de la collecte des résidus. On peut aussi mettre une moitié de bouchon de liège coupé sur le long qui serait un répulsif pour les petites mouches. Le bicarbonate de soude, comme dans le réfrigérateur, serait également une poudre anti-odeur. Après coup, un bon nettoyage régulier de la petite et de la grosse poubelle reste une bonne option. Pour remplacer les sacs de plastique biodégradables, il existe des sacs en papier brun que l’on peut trouver chez Costco ou tout autre quincaillerie et magasin d’extérieur qui empêchent l’odeur. Ces sacs peuvent être mis dans le compost. Pour qu’ils soient efficaces, ils doivent être refermés sur eux-mêmes.

Bref, le compostage est loin d’être aussi facile que je le pensais. C’est un processus méticuleux, mais qui, une fois qu’il est compris, peut être bien facile et qui est super bénéfique. Non seulement il nourrit nos terres, est un engrais naturel très efficace et désengorge les sites d’enfouissement, mais il est aussi l’ingrédient principal d’une nouvelle technologie : la biométhanisation. Ma ville est d’ailleurs la première à voir développer celle-ci et bien qu’avant réticente à m’associer à celle-ci, je suis maintenant un peu plus fière d’être une Maskoutaine.

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Sources consultées pour la rédaction de cet article :

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