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Quand la planète se déchaine

J’ai la peur au ventre. J’éprouve un profond sentiment de crainte mais aussi de tristesse et de dépassement depuis quelques temps. Depuis que je m’informe davantage sur l’environnement et les changements climatiques, j’essaie d’améliorer mon impact écologique, mais on s’entend que cultiver un potager en appartement c’est plutôt ardu (oui, je sais que ça peut se faire, je connais Pinterest !). Je suis loin d’être la plus écolo, je ne suis pas encore zéro déchet, j’apprends et je change mes habitudes petit à petit parce que je le veux. J’ai d’ailleurs fait le test pour connaitre mon empreinte écologique que nous propose Olivier Arbour-Masse dans sa capsule vidéo. Le résultat est que si tout le monde vivait comme je vis maintenant, nous aurions besoin de plusieurs planètes. C’est une information qui, je l’avoue, est assez troublante.

Dernièrement, j’ai participé à la manifestation La planète s’invite à la campagne pour que les voix de ceux et celles qui tiennent à cœur la planète se fassent entendre. Ce grand rassemblement en disait long sur notre nécessité d’agir et il va sans dire que cela surpasse largement nos gestes de citoyen. Les grandes entreprises doivent aussi investir dans ce projet de société, ce projet d’avenir, l’avenir de nos enfants, de nos neveux et nièces, des enfants de nos ami-es, collègues de travail et voisin-es, de tous ceux et celles qui seront là demain pour affronter les multiples perturbations climatiques et mener une vie de survie alors que, nous, nous auront quitté les lieux.

J’ai la peur au ventre, oui. Ne serait-ce que penser aux maintes canicules qui se sont enchainées les unes après les autres cet été au Québec sans compter celles qui ont frappé de nombreux pays au même moment et qui ont causé plusieurs morts. Ça en dit long. « Les gaz à effet de serre », ces mots n’ont pas une résonnance nouvelle pour moi, je les entends depuis toute jeune. L’accroissement de ceux-ci se font cependant de plus en plus ressentir, qu’on le veuille ou non. C’est là, devant nos yeux. Les propos de Dans une galaxie près de chez vous, cette série télé qui a accompagné mon enfance, n’auront jamais été autant sensés que maintenant : « Nous sommes en 2034, la situation sur la Terre est catastrophique : la couche d’ozone a été complètement détruite par les gaz carboniques des voitures, l’industrie chimique et le push-push en cacanne. Résultat : la Terre cuit sous les rayons du soleil. Les récoltes sont complètement brûlées, il n’y a presque plus d’eau potable et les compagnies de crème solaire s’enrichissent. La situation devient urgente : il faut trouver une nouvelle planète pour y déménager 6 milliards de tatas. » Quand l’humour tient de la vérité…

Lorsque je m’informe, je lis, je découvre des vérités qui font mal, des changements sans précédents, des bouleversements qui n’ont rien à voir avec des faits isolés. Selon l’Administration nationale océanique et atmosphérique américaine (NOAA), la situation est alarmante. 500 scientifiques ont émis des constats qui donnent froid dans le dos sur l’année 2017 et en voici quelques-uns : le niveau des mers et des océans ne fait que croitre, celui des gaz à effet de serre a atteint des nouveaux records et les cyclones tropicaux seront de plus en plus fréquents. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU (GIEC), le réchauffement climatique aura des conséquences incroyables telles que des tempêtes extrêmes, des périodes de sécheresse et une réduction des ressources en eau. Je pense alors à ce sac qu’on me propose, à cette paille qu’on me tend, à cette bouteille d’eau en plastique qu’on nous vend et à ces souliers dont je n’ai guère besoin, je réfléchis aux gestes anodins que je pose, à ceux que je devrais modifier. Parce que c’est pas beau tout ça. Plus on en parle, plus on considère la chose comme une évidence plutôt que de croire que « ça nous arrivera pas à nous », plus on sera plusieurs à s’engager vers quelque chose de différent, de mieux, – qui tient du réel changement ! – même si en ce moment c’est anxiogène, même si pour l’instant simplement y penser fait mal. Se créer de nouvelles habitudes de vie plus écologiques est prioritaire! Je refuse de tomber dans le cynisme et le découragement, je veux croire qu’on peut y faire quelque chose.

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