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Sorcières!

Je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais à La Fabrique Crépue, y’a un genre de consensus autour de l’automne : on aime ça! L’apothéose de la saison, c’est pas mal Halloween. Après, ça devient déprimant pis on (je) essaie de s’accrocher à ce moment où on pourra enfin écouter de la musique de Noël sans se faire juger.

Fait que j’étais là, à songer à la musique de Noël l’Halloween, quand je me suis rendue compte que j’en connais bien peu sur l’un des symboles majeurs de cette fête : les sorcières.

Un peu d’histoire

Dans mon esprit nord-américain, les sorcières, c’est Salem. D’un point de vue historique, par contre, Salem est en fait l’un des derniers soubresauts de la sorcellerie.

C’est en Europe, quelque part au XVe siècle, que les chasses aux sorcières débutent. À cette époque, l’humanité vit une grande période d’instabilité. La société médiévale s’effrite et de nouveaux systèmes politiques, sociaux et religieux s’installent. Les villes et les villages sont décimés par des famines et des épidémies. Les gens ont peur, les gens ont faim, mais surtout, les gens veulent trouver les coupables de tous ces malheurs. Et qui fait un excellent coupable? L’insalubrité? Les guerres? Les maladies? Que neni! Ce sont les femmes.

Un peu de féminisme

Des estimations conservatrices supposent qu’entre 2000 et 500 000 personnes ont été exécutées en Europe entre le XVe et le XVIIe siècle. Des estimations moins conservatrices estiment que quelques… millions de personnes auraient pu être exécutées.

(Je sais, c’est pas super précis. Clairement, au XVe siècle, ça manquait de technicien-nes en documentation pour consigner, organiser, classer et conserver ces précieuses informations.)

De ces personnes, 80% à 85% auraient été des femmes.

Bon. Y’a bien un dude qui affirme que les féministes vont trop loin avec leurs théories de contrôle social des femmes et d’oppression/soumission des femmes qui font désordre dans une société patriarcale qui leur impose un cadre strict dans lequel elles peuvent et doivent exercer leur rôle de femmes. Son principal argument, c’est que dans un village en Suisse et dans un autre village en Allemagne, il y aurait eu plus d’exécutions de sorciers que de sorcières. Ça fait deux villages. Sur un potentiel de 500 000 exécutions, je trouve ça quand même léger, comme argument. Mais, comme personne n’y était et qu’on ne pourra jamais vraiment savoir, j’imagine que lui aussi a droit à sa théorie.

Presque toutes les femmes étaient susceptibles d’y passer :

Les célibataires

Parce qu’elles transgressaient le rôle qu’on attendait d’elles (se marier + porter des enfants) : SORCIÈRES!

Les veuves

Parce qu’elles avaient connus les plaisirs de la chair et que forcément, elles rêvaient de se vautrer dans le stupre de nouveau : SORCIÈRES!

Les femmes (trop) actives sexuellement

Parce que leur vagin était insatiable : SORCIÈRES!

Les vieilles

Parce qu’elles ne pouvaient plus remplir le rôle qu’on attendait d’elles (porter des enfants) : SORCIÈRES!

Les guérisseuses

Parce qu’elles pouvaient donner la vie et donner la mort avec leurs herbes et leurs décoctions : SORCIÈRES!

Les sorcières 2.0

Dans les dernières années, les sorcières surfent sur une nouvelle vague de popularité. On peut trouver sur Etsy tous les ingrédients nécessaires pour lancer un sort à Donald Trump.

Les mouvements féministes se sont également réapproprié l’image de la sorcière : elle n’est plus un outil de dénigrement, mais une façon d’exprimer son empowerment. Je m’appelle Mylaine Lemay et je suis une sorcière.

P.-S. : Soit quand même prudente avec tes incantations : l’article 365 du Code criminel sur le délit de sorcellerie est toujours en vigueur.

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