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Tu me laisses encore

T’as quitté ma vie comme tu y es entré. Un soir de juin. Sans trop faire de bruit, mais en déplaçant de l’air, pis quand t’es parti, ça m’a décrissé. T’as pas dit au revoir parce que c’en était pas un, c’était un on se revoit plus tard, c’était un je t’aime encore, mais. Pis à ton mais suivaient tes excuses. Un c’est pas toi, c’est moi presque trop élaboré, ton histoire de la vie qui t’es rentré dedans et où tu devais t’enfuir, comme un hit and run inversé pis moi j’étais juste un dommage collatéral.

J’ai pas tardé à partir, moi-aussi. J’ai essayé de passer l’été ailleurs que dans ma tête. Ça faisait même pas trente minutes que je roulais sur l’autoroute que ça m’a rattrapé et tout d’un coup, je me sentais déjà imploser : ma tête en hémorragie, je suis devenu bleu. Je réalise notre accident. Deux humains qui s’aiment au mauvais timing. J’aurais préféré qu’on me rentre dedans.

T’es revenu un soir de septembre comme si t’avais senti que t’étais plus dans mes veines, comme si t’étais jaloux que je saigne d’autre chose que toi. Pis toi, tu veux pas devenir juste un autre parfum dans mes draps ou juste d’autres lèvres sur ma peau. Tu me répètes que je suis important, tu me dis que tu m’aimes, mais en disant ça, tu me laisses encore.

Ton au revoir ne sort pas, tu voudrais dire à bientôt. Je te vois pleurer et tu me regardes, en attendant des larmes qui viendront pas, mais je suis déjà ailleurs. Je suis à cent km/h dans ma tête et je réalise qu’il y a des endroits desquels on revient pas. On est juste une tragédie qui se passe en silence. On est juste une petite tragédie qu’on oublie.

Crédit photo : Martin Dufresne

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