Menu

Celui qui m’a fait croire en l’amour à distance

C’était un vendredi 13.

Je mettais les pieds en Europe pour la première fois par moi-même, à la suite d’une décision ultra spontanée, prise cinq jours plus tôt.

Ma première journée s’était composée de balades au cœur de la Scandinavie, à admirer le beau environnant, à siroter des cafés gros comme mon faciès, mais aussi à réaliser qu’acheter des cafés en Suède, c’est un peu comme se prendre un Uber à 3h18 un 1er janvier : ça fait crissement mal au portefeuille.

C’était un vendredi 13. Et contrairement aux croyances populaires, c’est plutôt de la chance que j’ai attirée ce jour-là.

Car à 17h, heure de Stockholm, j’entendais pour la première fois la voix grave de celui que j’allais appeler, sept mois plus tard, mon copain. Celui qui me fait travailler les entrailles en permanence depuis plus d’une demi-année. Celui qui a tout chamboulé mes plans futurs.

Celui qui m’a fait croire en l’amour à distance.

L’année passée, à pareille date, si on m’avait dit que j’allais, dans 365 jours, avoir des papillons dans le ventre à la vue d’un petit rouquin se trouvant de l’autre côté de l’océan Atlantique, je n’y aurais pas cru. Du moins, si cet individu était une toute autre personne que le prince Harry, mettons.

J’aurais sans doute rétorqué avec un « Ben non, voyons. Loin des yeux, loin du cœur, tout le monde sait ça ».

Mais faut croire que ma vie va à l’encontre des croyances populaires.

Oui, c’est dur de ne pas avoir son corps tout chaud à côté du mien tous les soirs avant de tomber dans les bras de Morphée. Oui, j’aimerais ça pouvoir laisser glisser mes doigts contre sa barbe mal rasée de quelques jours. Oui, j’aimerais pouvoir sentir ses lèvres sur les miennes plus que 7 jours par mois et demi.

Mais je me cajole tous les jours, lorsqu’il apparait dans mon écran, tout souriant, et qu’on se raconte notre journée. Lorsqu’il me fait rire, et lorsque je l’entends s’esclaffer à son tour. Je me cajole en me disant qu’on est vraiment chanceux d’avoir des téléphones fonctionnels nous permettant de nous admirer le fond des iris à travers nos écrans. De nous dire des mots doux. De nous dire à quel point on a hâte à notre prochain moment ensemble, à ne pas se lâcher 24h sur 24h pendant une semaine complète. De planifier notre prochain voyage, parce que le globe terrestre est rendu notre terrain de jeu.

Oui, c’est dur quand t’entends les gens autour de toi émettre leur opinion sur les relations à distance. Quand ils te disent qu’ils n’y croient pas, et que c’est voué à l’échec. Oui, c’est dur de devoir souvent t’expliquer, pour finalement te rendre compte que dans le fond, personne ne peut vraiment comprendre ce que tu vis.

Mais je me cajole en me disant que je ne me suis jamais senti comme ça.

Je me cajole en me disant qu’un jour, bientôt, il n’y aura plus d’océan entre nous deux.

Crédit photo : Samuel Tan pour Unsplash

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de