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Jeter : un art qui doit se perdre!

Le World Clean Up Day, c’était le 15 septembre dernier. Pour l’occasion, je me suis jointe à un petit groupe de Longueuil qui s’était formé sur Facebook alors que la Mission 10 tonnes, devenue la Mission 100 tonnes depuis, avait mené des dizaines de groupes partout au Québec à se former pour nettoyer les berges de cours d’eau de leur région. Nous étions une vingtaine à Longueuil, avec nos gants et notre motivation, à nous pencher et nous repencher pour ramasser des bouchons de bouteilles, des mégots de cigarettes, du verre cassé, des ustensiles en plastique, des applicateurs de tampon en plastique (les gants étaient vraiment les bienvenus!), deux carcasses de matelas, de la broche métallique en quantité industrielle… Green Peace Canada est passé après notre avant-midi de nettoyage afin de récupérer le plastique de notre récolte pour « classifier » les items et ainsi sensibiliser les compagnies dont les noms revenaient le plus souvent dans les déchets. Le reste des déchets a été ramassé par la ville.

sans déchet
Crédit photo : Isabelle Daigle

Je me considère déjà bien sensibilisée à la protection de l’environnement, mais j’ai quand même eu un wake up call cette journée-là. La quantité d’applicateurs de tampon en plastique que j’ai ramassée était simplement ridicule. Cela faisait déjà des années que j’utilisais ceux avec un applicateur en carton, et même, dans les derniers mois, j’étais passée aux « sans applicateur ». Mais, depuis, je suis « team DivaCup ». Je ne veux plus être à l’origine de ce type de déchets tous les mois, alors qu’une solution simple et abordable existe. Je n’ai eu qu’à changer une petite habitude.

Je crois sincèrement que tout le monde arriverait à faire sa part simplement en réfléchissant à ses automatismes de consommation facilitante. Il n’y a pas de bonne raison d’acheter des bouteilles d’eau individuelles quand on vit là où l’eau courante est potable. Il n’y a pas de bonne raison de mettre tous les jours son sandwich dans un Ziploc qu’on jettera aussi tous les jours. Il n’y a pas de bonne raison de mettre des bananes dans un sac en plastique à l’épicerie. Il n’y a pas de bonne raison de s’acheter un café dans un verre jetable tous les jours. Si personne ne vous le fait remarquer, vous n’y penserez peut-être pas vous-mêmes, parce que c’est ça que ça fait, les habitudes facilitantes… C’est de l’acquis, c’est la normalité, c’est accessible, c’est simple…

L’idée n’est pas de culpabiliser les gens pour chacune de leurs actions, mais plutôt de les conscientiser au fait que plusieurs gestes posés ne sont en fait que des habitudes qui peuvent, et doivent, être changées.

En ce qui me concerne, j’y vais une étape à la fois. Quand ma brosse à dents normale était due pour être changée, j’ai acheté la suivante en bambou. Quand ma boîte de Q-Tips était vide, je me suis tournée vers l’oriculi (il y a aussi des cure-oreilles en bambou). Quand mes bouteilles de shampoing et de revitalisant commerciaux achevaient, j’ai acheté des barres de shampoing naturel (et j’ai dû me résigner à acheter du revitalisant liquide en allant remplir une ancienne bouteille dans un magasin bio, parce que la barre de shampoing, ça donne un look laine d’acier!) et quand ma bouteille de savon à linge sera vide, je ferai la même chose et irai la faire remplir au magasin bio de mon quartier (et non, je n’habite pas sur le Plateau, mais bien en banlieue). Je suis certaine qu’en discutant avec plusieurs d’entre vous, je réaliserais que je peux changer d’autres habitudes génératrices de déchets alors que de meilleures options qui me sont inconnues existent.

Les articles à usage unique n’ont pas leur raison d’être au quotidien. Le plastique est omniprésent dans nos vies et notre environnement. Si une solution sans plastique existe, il faut la privilégier. Les objets, vêtements, appareils à bas prix, sont, plus souvent qu’autrement, de qualité questionnable. Il est préférable de chercher un item de qualité afin de ne pas avoir à en racheter un dans quelques mois parce que le premier n’a pas tenu la route. Réduire les déchets est le 1er R d’une série de trois!

Les Fêtes approchent… Il y a probablement plusieurs cadeaux qui pourraient être achetés seconde main : des jouets, des livres, des appareils d’exercice, des articles et équipements de sport, des films, des jeux vidéo, etc. Kijiji, LesPac, Marketplace et de nombreuses pages Facebook d’échanges dans les villes à proximité sont des options à votre portée. De un, vous paierez moins cher. De deux, vous éviterez les foules dans les magasins. De trois, vous épargnerez à la planète un énième suremballage carton/plastique/Ty-Rap. Et de quatre, vous désencombrerez quelqu’un d’un objet qu’il n’utilise plus et rallongerez ainsi sa vie utile. Réutiliser est le 2e R de la série!

Le 3e R est pour recycler. J’aime croire qu’en 2018, tout le monde recycle! Mais si on veut pousser la note un peu plus, saviez-vous que l’aluminium est une matière recyclable à l’infini? Lorsque vous ferez le plein de boissons gazeuses pour vos partys des Fêtes, gardez en tête que les cannettes seront indéfiniment recyclées! Pour ce qui est de l’emballage-cadeau avec le papier, les choux, les rubans… Ça fait beaucoup de déchets. Vous pourriez simplement emballer les cadeaux, sans flafla. Le papier pourra aller au recyclage, mais, vous pourriez aussi n’utiliser que des sacs-cadeaux ou des tissus d’emballage, que vous réutiliserez (on revient au 2e R)!

Une dernière chose : dans ma série télé culte, feu Friends, Joey explique un jour à Phoebe qu’une bonne action altruiste, ça n’existe pas : « Selfless good deeds don’t exist », qu’il dit! Sa théorie est qu’on fait d’abord une bonne action, parce qu’elle nous fait sentir bien. Je vous laisse philosopher là-dessus, en espérant que vous aurez envie de vous faire sentir bien!

Isabelle Daigle

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