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Mon retour à l’école ou en enfer

Je le sais, t’as lu le titre de mon article et toi aussi tu es déjà déprimé. Je te comprends, le mot école me donne aussi des poussées d’eczéma. Juste d’y penser, j’ai des brûlures d’estomac et j’en fais des mauvais rêves où tous les employés de l’école sont des démons qui ont statué sur mon échec, parce que, entre toi et moi, s’inscrire à l’école, c’est un peu signer pour aller faire la balade jusqu’en enfer (OK, j’exagère légèrement). Mais oui, j’ai fait ça moi, et probablement toi aussi si tu lis cet article.

Ça fait plusieurs années que je voulais effectuer le grand saut et retourner à l’école. Mon but ultime était de travailler assez fort pour ensuite entrer dans le programme qui m’intéressait, puis compléter trois années de BAC. Le problème, c’est que quand tu travailles aussi longtemps pour quelque chose, il y a une certaine forme d’attente qui se crée. C’est plus fort que toi, tu t’imagines dans ton plus beau outfit à la conquête de l’université, tel un chasseur d’or en pleine mission. La vie n’est malheureusement pas toujours à la hauteur de nos attentes parce que dans le détour, il y aura toujours quelque chose pour nous faire douter et pour nous dire que ça ne sera pas si facile.

L’affaire, c’est qu’il me semblait que j’avais encore des bons souvenirs de ce que c’était, aller à l’école. Mais au final, la mémoire est une faculté qui oublie. L’école, c’est difficile! Tu dois essayer de marier tes études, ton travail à temps partiel et tes relations tout en t’occupant de toi. Une vie? Oublie ça; juste un semblant tu auras.

Reste que, malgré les cernes qui me poussent sous les yeux et mon manque de temps pour une bonne alimentation, je pense que c’est normal de « rusher » un peu durant cette période-là. C’est normal de se voir courir après notre temps et de faire des cauchemars à propos de notre professeur du cours du mardi qui fait des examens bien trop difficiles pour le groupe. Au lieu de stresser avec le fait qu’on n’arrive donc pas à ne rien faire, on pourrait-tu se féliciter pour tout le travail accompli et les démarches entreprises? Dans la vie, je suis le genre de personne qui veut réussir, parfois peut-être même un peu trop, ce qui me conduit à me mettre autant de pression qu’Olivier dans Occupation Double en met sur les autres pour garder Pézie dans la game. Mais la réussite, au fond, c’est juste d’être fier de soi et de faire des choses qui nous rendent heureux.se. Fait que, gang, on peut-tu « slaquer » la pression dans le fond de la boîte a bang, comme dirait Jocelyne dans Radio Enfer. On peut-tu juste se dire bravo, t’es là, tu l’as fait, t’es retourné.e à l’école et même si ton parcours n’est pas ce que tu t’étais imaginé et qu’il change pour une direction opposée, ben crime, tu l’auras essayé, t’auras eu assez de détermination pour te rendre là où tu voulais aller et juste ça, c’est déjà énorme.

Fait que, gang, ma descente aux enfers va peut-être durer encore deux ans et demi, ou peut-être moins que ça, mais au moins j’en suis fière. Je me trouve courageuse et téméraire d’entreprendre ce que j’avais tant envie de faire. La vie est un paquet d’essais et d’erreurs qui, au final, vont probablement être bénéfiques, alors je brûle tranquillement comme si le feu que j’ai sur moi est une petite pluie qui ne ferait pas fondre de chocolat. Traduction : je ne m’inquiète pas. Sais-tu quoi? Je ne m’inquiète pas pour toi non plus. Après tout, on a chacun notre chemin.

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