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Et toi, t’as couché avec combien de personnes avant moi?

« T’as couché avec combien de personnes? »

« Avant ou incluant toi? »

Pourquoi cette question? Pourquoi, dès qu’on s’embarque dans une relation un peu sérieuse, a-t-on l’envie, le besoin, le désir de connaître le nombre de partenaires sexuels que notre propre partenaire a eus avant nous? Qu’est-ce que ça change au fond? Vas-tu considérer ton mec comme un player si tu apprends que tu es la 42sur sa liste? Vas-tu te sentir spéciale si tu sais que tu es la 3sur sa liste? Le pire, c’est que je pense que oui. Il semblerait que, dans notre société, la quantité de partenaires sexuels a souvent ce rôle déterminant sur la valeur d’une personne. Plus son nombre de partenaires sexuels est élevé, moins elle est précieuse. Elle est passée entre trop de mains, trop de corps avant le tien. Elle est usagée. Et on ne veut pas finir avec de l’usagé, donc on pose la question du nombre de partenaires. Sauf qu’en même temps, si on dit « un », combien vont répondre : « C’est tout? C’est pas normal! Trop de pression! »

Cette question posée à son amoureux ou à son amoureuse amène souvent des malaises. J’ai un jour été l’ex-amante qui rencontrait la nouvelle blonde de son ex-amant. Et quand j’ai dit mon nom à cette fille-là et que j’ai vu dans son regard qu’elle comprenait que je n’étais pas juste une fille dans un party, mais aussi une fille qui avait couché avec son mec, j’ai vécu son malaise, son réflexe de se comparer. Parce que non. On ne s’arrête pas au nombre de partenaires. On en vient à demander les noms. C’était qui? Ton ex-blonde? Un one night? Une fuck friend? Un collègue? Ça a duré combien de temps? Ça fait longtemps? Des questions à s’en rendre malades. Fous. Jaloux. En même temps, si ton ou ta partenaire ne cesse de dire des phrases dans le style : « Il y a beaucoup de personnes avec qui j’ai couché qui aiment ceci ou cela » ou « Je suis attentionné avec mes partenaires » ou, ma préférée, « J’ai déjà fait jouir plusieurs de mes partenaires comme ça », tu finis par te demander « Coudonc! Il a couché avec combien de filles pour parler de même? » C’est naturel comme raisonnement.

Je n’ai pas de réponse à mon questionnement. Je comprends le besoin de poser, à un moment donné, la fameuse question. J’espère juste qu’à ce moment-là, on la pose par curiosité, par plaisir, pour apprendre à connaître son partenaire, plutôt que dans le but de l’évaluer, de juger de sa valeur, de se comparer, de se dévaluer soi-même.

Source photo de couverture : Pixabay

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