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La pression sociale de voyager

Que ce soit via l’école, les médias ou, pour certains, les parents, on peut dire que très tôt, notre génération a été initiée et habituée au goût du voyage. Tellement, que ces escapades luxueuses font partie de nos vies au point où elles constituent pour beaucoup une normalité à l’approche des vacances. Elles sont tellement populaires qu’il y a maintenant des « modes » de pays. Ah! tiens donc, cette année, beaucoup achètent un billet d’avion direction l’Espagne. La suivante, c’est l’Islande et puis après, la Thaïlande. Et ainsi tourne la roue.

Cette pression imposée par notre société se reflète particulièrement dans les milieux de travail, où l’on aime bien en parler, tout en se comparant à ses collègues. Les réseaux sociaux constituent également la vitrine idéale pour vendre le rêve de voyager et ainsi améliorer notre image. Lorsque tout le monde autour de nous voyage sauf nous-mêmes, c’est comme si nous devenions d’une certaine manière anormaux. Après tout, nous ne voulons surtout pas que les gens pensent que nous ayons peur de partir à l’aventure, que nous ne soyons pas « ouverts sur le monde » ou que nous n’ayons pas suffisamment d’argent pour nous payer ce que beaucoup de gens font.

C’est sûr qu’au-delà de l’image que nous souhaitons projeter, il y a un réel plaisir à voyager, à se changer les idées et à faire de nouvelles découvertes. Il y a également certaines situations qui expliquent le fait de partir plus souvent. Pensons par exemple au travail, ou lorsque la famille se trouve à l’étranger.

Cependant, je ne peux m’empêcher de trouver malsaine l’espèce de pression collective que nous nous mettons pour voyager. C’est, selon moi, jusqu’à un certain point démesuré et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, nos escapades nous coûtent très cher. Dans une société où l’endettement des ménages est un fléau, je ne peux pas comprendre pourquoi autant de gens tiennent à voyager à pratiquement chaque année, contribuant ainsi, pour plusieurs, à aggraver leurs problèmes financiers.

Ensuite, il y a toute la question de l’environnement. Alors que nous remettons de plus en plus en question certaines de nos habitudes de vie, comme par exemple le fait de consommer de la viande, comment se fait-il que peu de gens osent remettre en question notre surconsommation de voyages? Car il s’agit d’une interrogation réellement sérieuse, puisque le tourisme serait responsable de près de 8% des émissions totales de CO21! C’est énorme, considérant le fait que les voyages ne sont pas essentiels à l’être humain.

Pour finir, je tiens à dire que le but de ce texte n’est pas de vous décourager et de vous inciter à annuler tous vos projets de voyage. Je crois seulement qu’il est important de prendre conscience de la manière dont la société nous pousse à adopter certaines habitudes et de l’impact que celles-ci puissent avoir sur notre vie et sur l’environnement. Il est primordial de se rappeler que les voyages constituent un privilège, un luxe, mais certainement pas une nécessité. Nous pouvons tout à fait faire des activités plus modestes ou voyager plus proche de chez nous, et ainsi bénéficier de plusieurs avantages que nous offrent les gros voyages. Je pense aussi que c’est tout à fait correct de ne pas aimer pratiquer cette activité et, si c’est votre cas, cela ne rend certainement pas moins valable ou intéressant.e que les autres.

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1 https://www.lapresse.ca/voyage/nouvelles/201810/26/01-5201798-le-tourisme-responsable-de-8-des-emissions-de-co2.phpfbclid=IwAR2ckl13fK_dNiaFjOsVDwhvPbdFEUklcaSv0SgErchr7mXAW_zL0GUN03g

7 thoughts on “La pression sociale de voyager

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