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Le voyage, une muse

ailleurs, partir

le monde évadé

le vivre loin, hors d’atteinte

perdre

trouver

connaître

perdurer

vivre, créer

et le soir se rendormir

au son

des papillons de nuit

et de leurs ailes

qui tremblent

de froid

Je me souviens que le film La vie secrète de Walter Mitty soit sorti pendant une période plus sombre de ma vie, coincée dans mon cœur en bataille. Je me souviens aussi l’avoir vu au cinéma, assise au milieu de mes parents, comme une enfant en quête de réconfort. Je me souviens m’être émerveillée devant la grandeur des images et de leur beauté à couper le souffle. Cette fois-là, au creux de mon siège moyen-confo de cinéma de banlieue avec les émotions bloquées dans ma gorge et mon estomac, je l’avoue : j’ai voulu plier bagage.

J’ai voulu découvrir le monde, tous ses attraits, sa splendeur; apparaître vraiment, expirer les voix qui criaient en dedans de moi, fuir pour mieux me recréer, comme ce cher Walter, mais aussi pour mieux créer, tout court. Prendre mon crayon, mon carnet, mon ordi; mettre au défi mes doigts, les laisser s’abandonner à ces idées de bout du monde, aux rencontres, aux traditions, aux cultures, à l’inconnu; aux stries chaudes des vagues sur le sable, au rythme des marées, aux parcelles d’horizon; à ce qu’on voit, goûte, respire. À toutes ces occasions propices à l’inspiration.

Je ne suis pas partie, cette fois-là. Mais, depuis un moment, l’envie de le faire valse à nouveau avec moi et, par-dessus tout, l’envie de m’embarquer dans ce que j’appelle un « voyage créatif » ! Je m’imagine au loin, seule dans un grand appartement, comme bien d’autres l’ont fait avant moi, écrire les mots qui m’habitent, ma seule occupation. J’imagine le bureau devant la fenêtre avec vue sur la mer ou sur une architecture d’autres siècles, enflammée par la lumière du jour. J’imagine ce sentiment solitaire, ce silence, cette absence de brouillard comme si, tout à coup, tout devenait limpide ; comme si le temps s’était arrêté, sauf mes doigts, au-dessus du clavier, courant dans tous les sens, sans savoir où ni quand s’interrompre.

Voyager, créer, c’est un peu ça : savoir d’où on part sans nécessairement connaître l’ultime destination ni toute la trame. Se laisser porter par le moment, le café ou l’insomnie ; tourner à droite au lieu d’à gauche, profiter de ce qui se présente sous nos yeux ou derrière eux, s’éveiller, attiser sa flamme.

Entre Boston, New-York et le Costa-Rica ; entre la France, l’Angleterre, la Belgique et les Pays-Bas, parmi mes départs et mes retours, le voyage comme muse, la création comme voyage.

« That is the purpose of life. » – The Secret Life of Walter Mitty

Et ça me plaît.

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