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Vivre et laisser vivre

On va se le dire ben franchement, prendre des décisions c’est tough. Regarder le menu à l’avance avant d’aller au resto ou encore magasiner en ligne juste pour pouvoir penser à ses achats pendant trois jours avant de finalement passer à la caisse kind of tough. Et quand tu finis par enfin faire un choix, que tu as l’impression que ta vie est un minimum organisée ou que tu as finalement trouvé ta place, « mononcle » Jean et son souper de famille annuel entrent dans le décor : « Ben voyons…bien écrire de même et finir en droit…tu serais une bonne traductrice ou auteure. » « T’es encore dans ton trip pas de viande ? » « Tu as pris des joues, toi ! » « Encore célibataire ? T’es trop difficile. » « Tu devrais étudier quelque chose qui va vraiment te mener quelque part. »

C’est facile cette petite phrase lancée entre deux poignées de chips au ketchup. Ce qu’il ne sait pas, c’est que ce soir-là, ça spin dans ta tête et le doute naît dans le fin fond de ton estomac noué.

Tu te remets en question. Et si je finis mes études et que je ne me trouve pas de job qui a de l’allure ? Et si j’ai été trop sélective et que j’ai passé à côté de l’homme de ma vie ? Est-ce que j’ai vraiment le visage plus rond ?

La vérité c’est que c’est toi qui vas être dans tes bobettes demain matin. « Mononcle » Jean ne sera pas assis à côté de toi pour faire ta job de bureau pendant vingt ans parce qu’étudier en théâtre n’allait te mener nulle part. C’est drôle, mais selon moi, ta vie va bien plus te mener nulle part si tu la passes à courir après le temps en faisant quelque chose qui ne te passionne pas. Il ne sera pas là non plus quand tu seras morte d’inquiétude le soir, parce que tu t’es investie dans une relation sans confiance et que tu te demandes ce que ton partenaire peut bien être en train de faire en ce moment. Au moins, tu n’auras pas été « trop difficile » faut croire.

Je sais bien que ces petits commentaires maladroits de notre entourage naissent, la plupart du temps, de bonnes volontés et d’inquiétudes pour nous. Mais chaque personne fait de son mieux au meilleur de ses capacités et de ses connaissances. À ce moment de sa vie, c’est ce qu’elle a envie de vivre. C’est à ce poids qu’elle a envie d’être, c’est ce célibat qu’elle a envie d’assumer. Mais pourtant, c’est difficile de faire ce que je viens d’énumérer. C’est difficile de se regarder dans le miroir et de se dire « je suis beau/belle et je suis à la bonne place ». On y travaille tous fort j’en suis certaine.

Alors quand la petite inquiétude de « matante » sur ton avenir financier tombe dans ton assiette comme une bombe, c’est ta confiance en toi qui risque d’exploser. Je t’invite à désamorcer le tout et ainsi éviter la catastrophe nucléaire. Prends une grande inspiration et dis-lui que tu es bien comme ça. Que tu les aimes tes petites joues et ton programme universitaire. Même si ce n’est pas facile, c’est beau de s’assumer. Rappelle-toi que ses inquiétudes n’ont aucun droit de perturber ton sommeil ou de te complexer. Le « non non, tu m’as mal compris, ce n’est pas ce que je voulais dire… » qui va suivre va sûrement te rassurer.

Bref, ce que j’aurais envie de dire c’est que dans la vie, il faut vivre. J’ai déjà fait un article complet là-dessus. Il faut se chercher, se perdre et se retrouver. On doit tous passer par là. Pas besoin de Gertrude qui se la joue Joe Connaissant avec ses phrases déplacées pour nous faire douter…par contre, il ne faut pas oublier de laisser vivre. Ce qui est pour nous la définition du succès ne l’est peut-être pas pour quelqu’un d’autre. Ça ne fait pas d’elle une personne qui ne réussit pas. Elle fait probablement exactement ce qui la rend heureuse. Ne laisse pas un commentaire arrêter de faire briller sa belle lumière…ou la tienne.

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