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Quand l’amour ne semble jamais avoir de fin

Les médias parlent énormément de harcèlement sexuel et de dénonciation. Mais le harcèlement a bien d’autres facettes, qui sont trop souvent elles aussi cachées. C’est cette autre forme que j’ai envie de dénoncer aujourd’hui.

Quand on aime, mais que l’on ne peut aimer. Quand on s’aime si fort et qu’on se déteste tout autant. Quand on croit que c’est de l’amour. Quand une relation fait autant de bien que de mal. Quand on rit autant que l’on pleure.

Quand on se rend compte que toutes nos craintes étaient fondées. Quand on se rend compte que l’on a été trompé(e) à plusieurs reprises. Quand on se rend compte que tout n’était que mensonge et trahison et qu’enfin, on sort de cet enfer… Une sortie, qui ne semble jamais avoir de fin.

Le harcèlement, qui commence par la possession de l’autre, est encore plus flagrant une fois la relation terminée. N’ayant plus le contrôle, le harcèlement s’amplifie par des appels multiples, des messages Facebook, des textos et la conviction d’être surveillé(e).

Nos seules armes sont l’ignorance et l’évitement.

La confrontation est inutile et la dénonciation devient complexe; les preuves doivent être solides pour ne pas ternir la réputation du harceleur et assez tangibles pour qu’on nous croie. Mais pour la victime? Qu’en est-il de ses craintes, de ses peurs, de sa honte face aux autres et de l’isolation qui en ressort?

Et le harcèlement indirect, lui? Avec les faux profils Facebook, se faire passer pour une tierce personne, entrer en mode séduction avec des amis en commun pour espionner ou salir la réputation de l’autre, créer des nouveaux comptes à son nom ou au nom de l’autre dans l’espoir de lui faire passer un message… et encore pire : ne pas s’arrêter là. Prendre les limites de l’interdit pour appeler avec un faux numéro ou un numéro confidentiel, se rendre au cinéma ou au restaurant ou passer dans les rues connexes dans l’espoir de croiser l’autre accidentellement, ou plutôt pour suivre ses moindre faits et gestes.

Pourquoi? Pourquoi ne pas être capable de passer à autre chose? Pourquoi vouloir posséder l’autre à ce point?

Le pire dans cette histoire est l’emprise qui en découle. On recommence à avoir des doutes envers soi-même. Est-ce ma faute? Je n’aurais pas dû.

La seule chose qui en résulte est de générer de la haine plus grande envers le harceleur, et une crainte, une insécurité et une confiance démolies pour les prochains. Regarder autour avant d’arriver à la maison, craindre qu’il sonne un jour à la porte en état de colère, craindre que toute ces craintes ne soient pas fondées, se sentir seul(e) dans tout ce tourbillon et de se sentir dépourvu(e)…

La honte d’en parler… Mais pourquoi avoir si honte des actions qui ne sont pas les miennes?

Savoir qu’il recommence avec une autre. Avoir envie de la sauver, mais pour quoi et à quel prix? Je suis maître de ma propre vie, pas de celle des autres. Leur futur leur appartient. Mais aucune femme ne mérite ça, aucune femme ne mérite de se faire contrôler.

Après toutes ces épreuves, je regarde aujourd’hui tout droit mais je reste craintive. Je suis forte, mais facilement friable. Comment faire confiance quand on a tout donné et que tout était finalement faux? Comment faire confiance quand on l’a si souvent fait pour être détruite à nouveau?

Mais j’ai appris à laisser aller. Chaque inspiration me fait avancer, chaque inspiration me fait voir comment le moment présent est bon, chaque inspiration me fait comprendre que la vie est belle et chaque expiration m’éloigne du passé.

Parlons-en, pour que l’isolation ne soit plus un fléau.

L’amour, ce n’est pas une possession.

Par Christelle Serei

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