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Ce que j’aurais aimé apprendre dans mes cours d’histoire du Québec

Avis : dans ce texte, je relate mon expérience personnelle vis-à-vis la formation en histoire que j’ai reçue au secondaire. Il est à noter que je critique le programme, mais je ne blâme en aucun cas les professeurs d’histoire, qui sont, pour la plupart, passionnés et dévoués envers leur travail.

Récemment, le Québec a perdu l’un de ses ex-premiers ministres, Bernard Landry. Tranquillement mais sûrement s’éteignent de grands bâtisseurs qui ont construit l’État québécois tel que nous le connaissons aujourd’hui. Chaque fois qu’un grand personnage s’éteint, les médias présentent ses legs politiques et, à chaque fois, je suis étonnée. Je suis étonnée de voir que toutes ces grandes réalisations n’aient pas, pour plusieurs d’entre nous, été enseignées dans nos cours d’histoire au secondaire. Je suis étonnée également de voir à quel point on ne parle pas du parcours remarquable de ces gens qui, pourtant, ont servi le Québec pendant toutes ces années.

L’exemple qui me vient en tête le plus rapidement est celui de M. Jacques Parizeau. Personnellement, j’ai surtout entendu parler de cet ex-premier ministre à cause de sa triste déclaration sur l’argent et le vote ethnique, lors de la défaite du deuxième référendum sur la souveraineté du Québec. Pourtant, au-delà de cet échec, cet homme a fait progresser le Québec comme jamais, avec de grands projets qui ont abouti à d’importantes institutions qui font aujourd’hui l’envie de plusieurs autres pays. Pensons notamment à la Caisse de dépôt et placement du Québec, au Régime des rentes, au Régime d’épargne-actions, ou même à la nationalisation de compagnies d’électricité, à laquelle il a participé1. Il a ainsi permis aux Québécois francophones de se prendre économiquement en main.

Un autre exemple est celui de Lise Payette. Je savais qu’elle était féministe, qu’elle était régulièrement dans les médias, qu’elle y commettait parfois des bourdes, comme dans l’affaire Jutras, mais je ne me doutais pas de tout ce qu’elle avait réalisé lors de sa courte carrière politique. D’abord, on lui doit le Régime québécois d’assurance automobile, qui dédommage les victimes d’accidents routiers pour leurs pertes, de même que la Loi sur la protection du consommateur, deux réalisations résolument progressistes. Ensuite, Mme Payette a contribué à une partie de la réforme du Code civil, en empêchant notamment les femmes de prendre le nom de famille de leur mari, tout en permettant aux parents de donner le ou les noms de famille de leur choix à leurs enfants. Par son avant-gardisme, elle a réellement fait avancer les droits des femmes en leur conférant dans notre droit familial une plus grande égalité.

Je pourrais faire l’exercice avec plusieurs autres grands personnages, comme Robert Bourassa2, à qui, malheureusement, nos cours d’histoire ne rendent pas justice. Une partie du problème réside certainement dans la répartition du temps accordé à chacune des grandes périodes historiques. Le programme consacre énormément de temps, par exemple, aux régimes français et anglais, et cela fait en sorte que nous n’ayons pas assez de temps pour couvrir la période plus contemporaine de notre histoire. Pourtant, c’est durant cette dernière qu’il y a eu des avancées extraordinaires, qui façonnent encore aujourd’hui notre quotidien.

Pour finir, je trouve dommage de ne pas avoir appris à l’école les fondements mêmes des institutions du Québec d’aujourd’hui, de même que tous ces personnages qui les ont façonnées. Mettre en évidence nos grandes réalisations collectives, de même que leurs artisans, nourrirait davantage notre fierté et notre identité québécoise, et nous donnerait un meilleur élan pour assumer collectivement notre destin.

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1.    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/709421/jacques-parizeau-parcours
2.   C’est sous son gouvernement que fut développée la Baie-James et que le régime de l’assurance-maladie et la Loi sur la langue officielle furent instaurés.

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