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Ghoster l’amitié

Depuis quelque temps, j’ai remarqué l’utilisation de cette nouvelle expression : « se faire ghoster ». Du jour au lendemain, plus de nouvelles, aucune explication. Le silence au bout de la ligne. Des points en suspension dans l’air. Des phylactères vides. Du brouillard. De la neige sur l’écran.

Ghoster, un nouveau terme pour imager un aspect malsain des communications interpersonnelles, des non-dits injustifiés, des absences qui font – ont fait – mal.

Qu’est-ce qu’on ressent quand on se fait ghoster ? Un uppercut d’incompréhension qui nous coupe la respiration. Et, ces sentiments, tout le monde en parle comme s’ils étaient relatifs au seul phénomène de date, qu’on ne les ressentait qu’au centre de relations avec potentiel amoureux.

Sauf que c’est loin d’être juste ça. Alors qu’on dit que les amours passent, mais que les amis restent, tu as su me prouver le contraire, ma chumme ; ou, devrais-je plutôt dire, mon ex chumme.

Toi, segment notable de mon cercle social, tu feintais à gauche et je mordais à l’hameçon tandis que tu t’échauffais la droite. Ton silence coup-de-poing, je ne l’ai pas vu venir. Quelques jours avant, encore, tu m’écrivais pour aller boire un café, me réclamais des conseils alors que, finalement, peut-être t’en foutais-tu royalement de tout ça? De nos inside jokes en classe et de nos échanges non stop sur mille sujets en même temps dans lesquels, je ne sais par quel miracle, on arrivait à se retrouver.

Alors que je nous croyais amies, tu m’as laissée avec le goût amer de la déception, de la négligence. Ton silence s’est amoncelé entre mes mains, m’a fâchée, attristée… Et comme tu m’as effacée de ta vie, j’ai dû, malgré moi, t’effacer de la mienne. Avec ton absence, je suis passée par chaque étape du deuil.

Avais-tu tout calculé ?

Avais-tu projeté faire de moi ta bestie de banc d’école pour, au bout du compte, me jeter comme une vieille guenille inutile, me laisser sur ma faim ?

Aujourd’hui, encore, je continue de me demander si j’ai dit quelque chose qui t’aurait froissée ou déplu. Je n’arrive pas à trouver et ce n’est pas faute d’en avoir discuté avec plein de gens ; à tous ceux à qui j’avais déjà parlé de toi, de nos fous rires, de nos réflexions… de tout ce temps envolé, derrière nous. Même avec eux, je n’ai pu tirer aucune conclusion. Tout ce qui revient toujours sur le tapis ne sont que des « peut-être, peut-être pas », des suppositions qui sèchent sur la corde à linge et que jamais je ne rentrerai en dedans parce que tu ne m’aideras, visiblement, jamais à y répondre.

Source: Unsplash

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