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2 types de filles… ou pas

Aujourd’hui, il faut qu’on se parle de quelque chose qui me fait grincer des dents depuis longtemps, mais que j’avais peur de mal aborder. Dans la vie, je chiale régulièrement, mais j’essaye vraiment de m’améliorer et d’être pleine d’ondes positives. Par contre, là, ce texte sera du type « plus capable de ». Il faut que ça sorte, il est possible qu’on perçoive un peu de rage à travers mes mots, mais je vous jure que mon message se veut positif. Je me lance.

Premièrement, je dois dire que ce dont je vais parler est une « tendance » qui ne date pas d’hier. Aussi, c’est plutôt un ensemble de phénomènes qui me semblent tous interreliés et auxquels je crois qu’on doit finalement dire : NON.

Toutes ces images sur les réseaux sociaux qui disent « two types of girls » (deux types de filles) et qui illustrent par exemple une fille en talons hauts, une autre en espadrilles; ou une fille maquillée et une naturelle; ou une fille qui boit de l’alcool dans un party et une autre qui étudie tard le soir. On va se le dire : c’est un gros NON. Il y a aussi les « blablabla pour X différents types de filles » ou « moi versus les autres filles ». Il m’est sans doute déjà arrivé de voir passer ça dans mon fil d’actualité sans réagir, mais, depuis quelques années, je vois la chose différemment et ça me pue au nez. Je trouve que c’est tellement réducteur.

D’abord, on va se mettre d’accord sur le fait que ce genre de publication vise presque exclusivement les filles, les femmes. Ces tendances illustrent vraiment notre manie de vouloir catégoriser les femmes, de les mettre dans des boîtes. On dirait que ça remet en question qu’on est en 2018, que l’intelligence de la femme n’est plus à prouver, ni sa polyvalence.

Je ne voudrais pas faire tomber qui que ce soit en bas de sa chaise, mais je possède des espadrilles et des talons hauts, des jours je sors sans aucun maquillage, complètement naturelle, et d’autres jours je passe une heure à me coiffer et à me maquiller, des soirs je sors dans les bars et d’autres j’étudie jusqu’aux petites heures du matin. Et surtout, je suis loin d’être une exception dans cette situation. De plus, quand je lis des articles avec des catégories de filles, je me reconnais toujours dans plus d’une catégorie parce que je suis un être vivant qui évolue, qui est complexe, qui est doté de sensibilité et de plein d’autres choses, donc tu ne peux pas me mettre dans une petite boîte avec tes caractéristiques préconçues. Tu ne peux pas prétendre que les femmes se divisent en disons douze catégories, on n’est pas des variétés de carottes (je n’ai rien contre les carottes bien sûr). Pour ce qui est de nos « moi versus les autres filles », je ne veux pas péter la balloune de personne, mais ça m’étonnerait que ta différence soit tellement exceptionnelle qu’elle fasse en sorte que toutes les autres femmes deviennent pareilles, une seule entité.

Pour la suite, je ne voudrais pas que mes propos soient mal interprétés. Je précise que je suis pour l’unicité, je trouve ça beau la différence, important. Mais, je pense que c’est acquis. À mes yeux, on naît différents les uns des autres et ceux qui veulent tellement être différents des autres oublient en chemin d’être eux-mêmes. Je pense qu’il faut découvrir, construire sa propre essence, pas la modifier pour qu’elle se distingue des autres, parce qu’elle est déjà différente et qu’à faire ça on se perd en route. Mais c’est une opinion personnelle.

Bref, cette idée véhiculée, dans certains films, certains livres, sur les réseaux sociaux, qui veut que de se faire dire qu’on est « différente des autres filles » soit le plus beau compliment au monde…  On peut-tu arrêter ça? Déjà, on est toutes différentes et on a aussi toutes des points en commun, alors si tu me dis que je suis différente des autres filles, tu ne m’apprends rien de nouveau. Toutes les filles sont différentes de toutes les autres filles. Toutefois, ce qui me dérange vraiment là-dedans, c’est que la plupart du temps quand on dit cette phrase-là, c’est une manière d’élever une fille en mettant toutes les autres dans un même paquet moins bon. Honnêtement, « différente des autres filles » insinue que tu as quelque chose de mieux que TOUTES les autres filles et que TOUTES les autres filles rentrent dans la même petite boîte. Sauf que, en passant, TOUTES LES AUTRES FILLES, c’est ta mère, ta sœur, ta grand-mère, ta marraine, ta meilleure amie… Personnellement, ça ne me fait pas plaisir qu’on réduise toutes les femmes incroyables dans ma vie à « toutes les autres filles ».

Je trouve ça fragile comme sujet, parce que je sais que dans un moment de mon adolescence, c’est le plus beau compliment qu’on aurait pu me faire, me dire que j’étais « différente ». J’aurais tout donné à quelqu’un qui m’aurait fait sentir que j’étais à part des autres et je sais que je ne suis pas la seule qui se soit sentie ainsi. Mais, justement, c’était dans une période de ma vie où j’étais vraiment vulnérable. Je pense que c’est un besoin qui démontre une grande fragilité. Maintenant, je n’ai tellement pas besoin qu’on me fasse croire que je suis différente des autres. Je connais ma propre valeur, je n’ai pas besoin de la comparer à celle des femmes exceptionnelles qui m’entourent parce que leur valeur ne signifie pas l’absence de la mienne. Je dis « non » à ces tendances qui ne font qu’encourager la comparaison et la compétition féminines. Je ne comprends pas trop pourquoi la société semble autant vouloir qu’on se monte les unes contre les autres, mais ÇA VA FAIRE.

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