Menu

Je suis tombée en amour

Ça s’est passé en un coup d’oeil. Je ne suis pas de celles qui croient aux coups de foudre, mais là, tu m’as eue. En un regard, tu m’as séduite.

On m’a récemment dit quelque chose sur toi : tu arrives dans la vie des personnes quand elles sont au coin d’une rue, au tournant d’une vie, au croisement d’avenues avec des noms comme Rue du Souvenir et Boulevard de l’Avenir. Tu m’as surprise alors que je traversais la rue sans regarder. Avant que je me fasse frapper, je t’ai vu, et je suis tombée en amour.

On dit que les grands esprits se croisent. Tu m’as croisée et tu m’as ramenée où j’avais oublié que j’existais. Ça fait un méchant bout que je suis déconnectée de mon corps. Pour pleins de raisons que tu n’as pas besoin de savoir, j’étais partie, j’avais laissé ma carcasse au bord du chemin, elle était tombée de ma poche, sortie de ma vie, et moi j’ai continué ma route sans trop m’apercevoir de son absence.

Mais tu me l’as ramenée. Ou tu m’y a ramenée. Je ne sais pas trop. Mais je l’ai revisitée, je l’ai ressenti. Je retrouve mon corps quatre heures par semaine, et un peu plus chaque fois, et un peu plus longtemps chaque semaine.

I believe in tough love.

Et tu me donnes de l’amour rude comme j’en ai besoin. Tu m’empêches d’en chercher ailleurs. Tiens, je n’y avais même pas pensé, à tenter d’abîmer mon corps autrement. Et pourtant. Je n’apprécie même pas les courbatures, les ecchymoses, les brûlures que tu allumes, dessines et traces sur ma peau. Je ne réalise même pas tout ce que tu m’apportes.

Quand tu me ramènes dans mon corps, tu me fais sentir chez moi, ce que tellement d’autres m’ont volé, ce que tellement d’autres ont saccagé sans trop s’en rendre compte. Ce sentiment de chez-moi, je ne l’avais pas vécu dans mon corps depuis tellement longtemps, je ne me rappelle même pas la dernière fois.

Chez moi, j’ai l’esprit libre. J’ai l’esprit en vacances. C’est lui que j’ai drop à la garderie pour passer du temps avec mon corps. Et quand je suis chez moi, le sommeil s’invite, grand ami d’enfance, et me berce jusqu’à ce que je m’abandonne à lui.

Chez moi, je sens des rayons de soleil même si on est au mois de novembre et que c’est le mois que je déteste le plus de l’année, même si le trois-quart des gens que j’aime sont nés ce mois-là. Chez moi, je brille de l’intérieur. Et ça parait. Tu me fais briller comme j’avais oublié que je pouvais le faire.

J’avais oublié ma lumière intérieure.

Je t’aime, mais tu sais, tu n’as pas créé ma lumière, tu n’as pas créé mon chez-moi, tu n’as pas créé ce sentiment d’appartenance. Il existait en moi depuis toujours. Je l’avais juste éteint, je ne le nourrissais plus. Mais tu me l’as rallumé. Et je t’en suis reconnaissante.

Tu sais, en ce moment, tu es une des choses qui me rend le plus heureuse. Que ce soit ta micro-culture d’amour de la diversité corporelle, d’amie LGBTQ+, d’empowerment des femmes; ta stimulation physique challengeante, personnalisée, ressourçante; ta simplicité complexe obnubilante; toutes ces choses en toi me font du bien.

J’ai envie d’oublier un peu tout le reste pour prendre le temps de t’aimer au complet, sans compromis, de prendre conscience de toi en moi et de te laisser entrer au plus profond de mon âme.

Je n’y croyais plus, mais cher roller derby, tu es le sport qui m’a fait tomber en amour à nouveau.

Si d’autres que moi cherchent l’âme sœur, voici les liens des pages Facebook de ligues de roller derby québécoises.

Source photo de couverture

One thought on “Je suis tombée en amour

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de