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La fois où mon consentement a été oublié

Ce texte-là m’a pris ben du temps à écrire. Je voulais pas être lourde. En tout cas, pas trop lourde. Mais je voulais partager ça avec les gens. Pas juste les gens de qui je suis proche, parce qu’eux ils la connaissent déjà, mon histoire. Je voulais la partager au monde entier pour que mon cri se fasse entendre un peu, pour que cette histoire-là t’arrive pas à toi aussi, homme ou femme en train de lire cet article. Je te préviens, ça se peut que ce soit difficile à lire, parce que c’est difficile à dire, mais il faut le dire. Il faut que je me serve de cette voix qui m’a été donnée pour vous dire que :

VOUS ÊTES BEAUX,
VOUS ÊTES CAPABLES,
MAIS, SURTOUT,
VOUS AVEZ LE DROIT DE DIRE NON.

Vous avez sûrement vu vous aussi les millions de photos qui disent « this is not consent » et qui montrent une petite culotte en dentelle. Ce message est important. Comme, vraiment important. Ç’a commencé à cause de la fille en Irlande qui a été vue comme responsable de son propre viol en raison de la petite culotte qu’elle portait, (je te raconterai pas l’histoire au complet ici, mais voici un article qui l’explique). Ce triste événement se passe loin de nous, mais aurait pu arriver à n’importe qui que tu connais. Ça aurait pu être moi.

Je dis pas ça pour te faire sentir mal de l’autre bord de ton écran. Je te dis ça pour que tu réalises que, des histoires comme celles-là, il y en a beaucoup. Pourtant, on est en 2018, on devrait avoir le droit s’habiller comme on veut sans avoir peur pour nos vies… non?

Alors mon histoire, moi, elle a commencé sur le bord d’une piscine en voyage quand, à mon auberge, pour me protéger, je me suis fait des amis canadiens. Tu vois le genre, la fille voyage seule avec son sifflet accroché à son sac banane, mais, rien de trop prudent, il faut qu’elle se tienne avec des gars si elle veut se promener en sécurité. Donc, dans cette gang-là, il y en avait un qui me trouvait de son goût. Moi, je me disais qu’après que j’aie dit le mot « boyfriend » plus de 5 fois par phrase pendant une journée de temps, il allait comprendre que ça servait à rien de me cruiser.

Il a compris, il a arrêté de me cruiser.

À la place, il a décidé que, malgré tout, il pouvait pas me résister.

C’était MA FAUTE. Selon lui, en tout cas.

J’aurais pas dû me mettre en costume de bain sur le bord d’une piscine sous une température de 32 degrés Celsius, parce que se mettre en costume de bain pour se baigner, ça fait qu’il pouvait pas se retenir.

Donc, c’est à cause de la façon dont j’étais habillée, dans mon beau petit maillot une-pièce dans lequel je trouvais que j’avais l’air d’avoir 5 ans, que cette histoire-là m’est arrivée à moi aussi.

Mais surtout, c’est parce qu’il m’a dit que c’était de ma faute et à cause d’histoires comme celle de la fille qu’on a pas pris au sérieux en raison de la dentelle que je n’ai pas voulu intenter de poursuite, que je n’ai pas voulu tenter de le retrouver, et que plutôt que d’aller voir la sécurité sur place, j’ai décidé d’aller sur Expedia m’acheter un billet d’avion et revenir au Québec.

Mais surtout, c’est à cause d’histoires comme celle-là que j’ai enfin décidé de parler et de me débarrasser de l’idée que c’est de ma faute. Parce que c’est pas un morceau de tissu qui va décider pour moi.

NON, C’EST NON.

Moi, mon « non » n’a pas été respecté, mais je veux aider les gens à comprendre que :

  1. Peu importe, ce n’est pas la faute de la victime.
  2. Si ça t’arrive, n’aie pas honte, va chercher de l’aide. C’est facile à dire, mais en parler est ce qui fait le plus de bien au final.
  3. Si quelqu’un te dit non, tu arrêtes.
  4. Si tu as envie de dire non, dis-le.

2 thoughts on “La fois où mon consentement a été oublié

  1. On croit que ça n arrive qu aux autres,mais non.
    Quelle mélange de tristesse et de colère ,de ce qui t es arrivée,a toi la belle Mélina et toutes ces autres femmes.
    Bon courage !
    Bisous !

  2. Ost* que je suis tannée qu’on dise aux filles qu’elles ne devraient pas s’habiller de telle ou telle façon ou que c’est de la faute de leur linge si x arrive. On est chacun responsable de nos actions, c’est pas si dur à comprendre. Chapeau pour avoir partagé ton histoire, même si c’est pas facile du tout. Faut qu’on en parle pour que ça cesse ces comportements.

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