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J’aurais voulu que tu me retiennes

J’aurais voulu que tu me retiennes, que tu me dises que tout serait beau, que tout allait bien aller.

Que tu voulais pas échapper notre amour sur le plancher, que tu t’excuses, que ça arriverait pu jamais jamais de chez jamais.

J’aurais voulu que tu me fasses livrer des fleurs tous les jours jusqu’à temps que je sache tellement pu quoi en faire que j’en mette même dans ma salle de bain, même si je répète trop souvent que c’est cher, pis cucu pis inutile des fleurs, alors qu’au fond j’ai toujours trouvé ça simple, pis pur pis beau, mais j’aime donc ben ça être compliquée, pis différente pis pleine d’opinions gossantes.

J’aurais voulu que tu sois comme le gars dans les films, celui qui court dans la neige pour rattraper celle qui est partie, celui qui l’embrasse, celui qui promet des grandes choses et qui tient ses promesses.

J’aurais voulu que tu me promettes des grandes choses, mais j’aurais encore préféré que tu tiennes tes promesses.

J’aurais voulu que tu me laisses pas te tourner le dos, tourner la page, changer de côté vous vous êtes trompés.

Que tu m’expliques, que tu me convainques, que tu me résonnes. Que tu me couvres de ton amour jusqu’à réanimer le mien.

J’aurais voulu que tu me fasses le bouche-à-bouche, que tu me presses la poitrine pendant des heures en chantant « ha ha ha ha stayin’ alive stayin’ alive » dans ta tête. J’aurais voulu que tu gardes espoir, même si tout le monde autour te disait d’abandonner.

J’aurais voulu être assez fine, pis drôle, pis belle, pour que tu acceptes pas de me laisser partir.

Parce que ça finit toujours par être une affaire de confiance ces histoires-là, de confiance brisée, en l’autre, en soi. De se trouver pas assez, de ne plus s’aimer assez pour survivre au reste.

J’aurais voulu que tu m’attendes en silence si j’te demandais du temps, comme j’ai pu en attendre des gars, pis même que des fois j’ai l’impression de jamais avoir complètement arrêté de les espérer cogner à ma porte un dimanche soir « allô, je suis revenu m’attendais-tu encore », « oui je t’attendais encore entre, entre, fais comme chez toi, ta clé débarre encore la porte, j’ai pas changé de serrure ».

J’aurais voulu que tu m’écrives des lettres pour que je les ouvre et les lise un café à la main dans le soleil de l’hiver. J’aurais voulu te découvrir dans ces mots écrits à la main, dans ces discours qui arrangent presque tout et qui rallument les lumières dans les yeux.

J’aurais voulu que tu me laisses pas partir aussi facilement, comme si on était rien, comme si on était pas important, comme si on s’était pas aimé aussi grand qu’on se le disait.

Maudit.

J’aurais donc voulu que tu me retiennes, pour qu’on s’aime encore un petit bout de chemin, même si on était pas les meilleurs pour s’aimer comme dans les films. On s’aimait plutôt comme dans les livres, ces histoires d’amour-là finissent moins souvent en demandes en mariage déguisées en numéro chanté-dansé au milieu de Central Park.

Fait que, c’est toi ou c’est moi qui va finir par l’écrire notre histoire d’amour qui finit mal?

Source photo de couverture: Unsplash

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