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Ralentir

3 décembre, 7h21 am dans le métro. Tout le monde est cerné. Tout le monde a l’air épuisé. Fin de session. Rush au bureau avant les vacances. Je m’accote la tête sur la paroi de la fenêtre trop sale en attendant Jean-Talon. Je me perds dans mes pensées. Je vois mon reflet. Je me regarde. Je nous regarde. Je me demande pourquoi on s’essouffle comme ça. Je me demande à quel moment c’est devenu une décision collective que c’était bien d’être occupé, d’être trop occupé, voire dépassé. À quel moment on a tout tassé, sacrifié les vraies choses importantes pour remplir son horaire de métro-boulot-dodo et avoir l’air d’une personne donc-ben-cool-toujours-débordée-sur-le-bord-du-burnout.

Je suis nostalgique de l’année qui se termine. D’une année qui a passé trop vite, encore. D’une année où on n’a encore pas pris la peine de suivre nos résolutions. D’une année où on se retrouve en décembre en disant qu’on n’a pas pris le temps. Pas pris le temps pour tout ce qu’on avait dit qu’on prendrait le temps de faire, ou ne PAS faire. D’une année trop chargée, trop stressante, trop triste, trop toute. D’une année où on n’a pas pris soin de notre tête et de notre cœur.

En 2018, entre le travail, l’école, les devoirs, le ménage, les 5 à 7 où-on-n’a-pas-vraiment-envie-d’aller, les chicanes inutiles, le temps perdu à courir après les gens qui n’en valent pas la peine, être découragé à regarder son agenda trop débordé, mais le laisser comme ça parce que c’est ça qui faut pour avoir une belle vie, être toujours trop occupé et entouré socialement ça l’air, est-ce qu’on a pris le temps pour les choses importantes? Pour le sommeil, les amis, l’amour, la famille, le self-care?

J’ai le goût qu’on se prenne la main pis qu’on respire. Une bonne grande respiration. Celle qui fait du bien, celle qui remet les choses en perspective. Est-ce qu’on a vraiment besoin d’être si occupé? Est-ce qu’on ne peut pas juste profiter un petit peu plus du moment présent, des choses banales? Et surtout, arrêter de se surcharger à cause de la pression sociale.

Les vacances de Noël arrivent. Je nous souhaite de ralentir (pas juste pendant les vacances, mais c’est un bon début). Je nous souhaite de prendre soin de nous-mêmes. Je nous souhaite de faire la grasse matinée en pyjama. Je nous souhaite de rire pis d’aimer pis de rien faire d’autre pendant une journée.

Est-ce qu’on peut tous prendre le temps de ralentir, juste un peu? Je suis sûre que c’est à la mode, être heureux.

Par Sarah Prud’homme

Crédit photo : Felicia Simion

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