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À toi, pour te faire du bien

À toi,

Toi qui te sens comme une bombe à retardement. Toi qui écoutes le nouvel album de Safia Nolin en boucle parce que la plainte de sa voix correspond juste exactement à tes états d’âme.

Toi qui dis vouloir te crisser en feu. Toi qui souhaites que toute la marde arrête de te pleuvoir dessus à grands coups de claques su’a yeule.

Toi qui te sens « chez toi » nulle part en ce moment. Toi qui voudrais donc que quelqu’un t’aide, mais qui veux rien savoir du monde, parce que personne comprend.

Toi qui ramasses tout’ ton p’tit change pour faire ce que d’habitude tu réalises même pas que tu fais. Toi qui es épuisé.e dès que tu tasses la couverte, même pas encore sorti.e du lit. Toi qui vois tout comme une montagne.

À toi.

J’ai vécu ça. Je l’ai ressenti dans tout mon être, du bout des ongles d’orteil couverts d’un vernis à ongles tout écaillé au bout des cheveux coupés croche pendant ma dernière crise d’angoisse. Je le vis encore. Parce que c’est pas le genre de chose que tu vis une fois, à laquelle tu dis « Adios, pepitos! » et que t’abandonnes en retrouvant le sourire.

C’est le genre de chose que tu vis, qui te change – inquiète-toi pas, c’est généralement pour te rendre plus fort.e – et qui reste quelque part dans ta boîte à outils, juste au cas.

Oui, dans ta boîte à outils. Parce que ce mal de vivre qui te ronge le dedans du ventre, il va t’aider plus tard. Il t’apprend fucking. Mais si tu l’utilises tout croche, ben il peut te péter dans les mains et gâcher whatever ce que tu essayais de réparer.

C’est valide que tu te sentes comme une bombe à retardement. C’est vrai. Tu es fragile, au bord d’exploser. Pis t’as pas à te sentir coupable de ça.

On dirait que personne veut en parler, de l’explosion. Mais l’explosion n’a pas la même signification pour tout le monde. Ça peut être un burnout, des vacances ou un pétage de coche légendaire.

Mais quelle que soit la signification de la bombe à retardement dans ta vie, laisse-moi te glisser une image en tête. C’est celle-là que je voudrais que quelqu’un m’ait donnée au lieu d’éviter le sujet.

Imagine un feu d’artifices. Au début, c’est juste une chandelle qui brûle « par les deux bouts ». C’est toi qui en arraches à survivre. Mais une fois quelque part dans le noir du ciel, ça fait de la lumière pis c’est beau. C’est toi qui guéris.

Tu peux te sentir dans le noir et écouter Safia ad vitam aeternam. Prends le temps. Prends le temps de la vivre, ta peine. Prends le temps de la laisser toucher tes orteils avec ou sans vernis, la pointe de tes cheveux courts ou longs. Donne-toi le droit d’avoir mal.

Le feu d’artifices poppera ben assez vite. L’explosion, c’est pas nécessairement une bombe nucléaire. C’est peut-être juste la fin de la souffrance. Le matin où tu te lèves en te disant : « Hey, j’ai envie de la vivre, cette journée-là. »

Pis il va y en avoir d’autres, des journées où tu vas juste vouloir rester dans ton lit. Pis c’est correct. Ça fait pas de toi une moins bonne personne. Ça diminue pas ta valeur. Pis si ça t’aide, écoute Firework de Katy Perry. Moi ça m’aide à me rappeler à quel point je suis flamboyante. On dit qu’il faut attendre la nuit pour voir les étoiles, alors accepte l’ombre dans ta vie pour mieux briller.

Source photo de couverture

4 thoughts on “À toi, pour te faire du bien

  1. Au nom de toutes les personnes qui n’osent pas laisser de commentaire parce qu’ils n’en n »ont pas la force, ou simplement par sentiment de ne pas valoir grand chose…: C’est tellement beau ce que tu viens d’écrire, c’est vrai et touchant à la fois. Je te remercie pour ces mots apaisants et guérisseurs.

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