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Constat d’une année en montagne russe

Le premier janvier 2019. Nouvelle année. Nouvelle résolution? Non, pas vraiment. Aujourd’hui, les premières pensées qui me viennent sont : je veux être heureuse. Depuis que j’ai environ 11 ans, je sais que je ne l’aurais pas facile. Mais l’espoir reste : un jour, je serais heureuse. C’est ma résolution chaque année. Sauf que je ne vais pas bien et depuis un bon moment déjà.

Ça a commencé un peu après Noël passé. J’ai accepté de dépasser ma limite de ce que j’étais capable de prendre. Je l’ai fait pendant 9 mois. Je l’ai fait parce que j’ai cru à un bonheur qui n’existait pas, mais là n’est pas le problème; j’ai tougher 9 mois. 9 mois d’explosions dans mon cœur. 9 mois d’asphyxie consciente. Ça laisse des traces, mais je ne les acceptais pas.

Pour ceux qui me connaissent personnellement, vous savez que mon année a été lourde en émotion : mon premier psychologue est parti en Australie, ce qui a été un des plus gros deuils de ma vie. Ensuite, j’étais dans une relation qui n’était pas pour moi. J’ai eu une rupture, la découverte qu’un supposément ami me détruisait depuis 3 ans, l’abandon de certains rêves, devoir laisser aller mon chien de rêve. Bref, une année haute en émotion. Des vraies montagnes russes, entre-les up et les down, incessants, la dépression me guette. Je suis dans un gouffre noir rempli d’eau, mais à chaque bouffée d’air frais, je prends ce qui me reste d’énergie pour monter un peu plus haut.

Pourtant, le travail acharné des dernières années pour être mieux a porté ses fruits. Pour la première fois de ma vie, j’ai un cercle social solide et merveilleux. Pour la première fois, je sais que je suis comprise par certains. Pour la première fois, si, à 2 h du matin, je feel pas, j’ai quelqu’un qui va être là pour me soutenir. Je suis en thérapie depuis 2 ans maintenant et je vois enfin une lumière au bout du tunnel, mais je ne vais toujours pas bien. 

Depuis les deux dernières semaines, je suis capable de manger au moins 2 repas par jour. J’en mangeais une moyenne de 1 durant les deux derniers mois. Il faut célébrer les petites victoires. Je me réveille encore 10x par nuit, mon insomnie est incontrôlable. J’ai même eu des palpitations, ce que je n’avais pas eu depuis 6 ans, mais au moins, je suis capable de manger, de me lever le matin et d’avancer.

Ce que j’ai appris cette année, il faut que j’accepte ce qui m’est le plus difficile à gérer : Accepter que j’aie cru à quelque chose qui n’existait pas. Accepter que je me sois moi-même détruite pour l’avoir fait. Arrêter de m’en vouloir d’avoir cru, car qui n’aurait pas voulu croire à un bonheur donné sur un plateau d’argent? 

C’est seulement que ce plateau-là a brulé. Il est calciné au point où les cendres se sont envolées. Ça ressemblait à la migration des oiseaux, avant l’hiver. Moi aussi, je voulais m’envoler comme eux. Partir, oublier, comme ça avait l’air facile. Pis, j’ai essayé, mais je ne suis pas un oiseau migrateur. Pis, je dois affronter l’hiver. Même si j’ai froid, même si je suis seule. C’est ce que je peine à accepter. Que mon plateau soit parti en cendre comme les oiseaux. Que je ne puisse rien faire pour la garder, malgré tout ce que j’avais déjà fait. Elle s’échappait. Pis, je dois arrêter de m’en vouloir d’y avoir cru.

Je pensais pouvoir m’échapper aussi. Je pensais que ce que j’accomplissais pouvait me donner des ailes. Je pensais pouvoir bruler assez pour que mes cendres soient légères aussi et partent au vent. Mais non. Je suis lourde. Pleine de blessures, encore trop humide. Je ne m’enflamme pas. J’ai essayé de sauter des étapes. De ne pas me réparer et de continuer. Mais j’ai besoin de me réparer. Au moins, pour une fois, je ne suis pas totalement seule, et si c’est bien une chose que tout ça m’aura apportée, c’est que je n’aurai plus jamais une solitude aussi pesante que celle qui m’habitait. Mais ça ne règle pas tout et je dois accepter que je doive me reconstruire, au rythme que mon corps l’accepte et arrêter de m’en vouloir. 

Pour le Nouvel An, je veux prendre mon temps. Prendre le temps de me réparer, ne plus m’en vouloir et profiter de ce que j’ai réussi à accomplir jusqu’à maintenant. Et surtout, me pardonner d’y avoir cru, parce que si j’y ai cru et que je l’ai vécu, que ce soit qu’un petit moment, ça veut dire que ce bonheur-là existe et que j’y suis surement plus près que ce que je pense. 

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