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Des actions, pas des mots

Suffrage :

  1. Vote par lequel on déclare ses opinions en matière d’élection ou de consultation.
  2. Système particulier de représentation, de vote.

Larousse

Dès le 19e siècle, des femmes ont commencé à se battre pour obtenir le droit de voter. La première pétition en ce sens est lancée en 1832 en Grande-Bretagne.

Il faut savoir qu’à l’époque, une femme n’avait pas le droit, entre autres, d’être propriétaire et elles ne pouvait pas garder pour elle un héritage ou leur salaire. Il revenait à son père ou à son mari.

Dans le discours dans ces années-là, les femmes étaient considérées comme psychologiquement et moralement inférieures aux hommes. On ne pouvait donc pas leur accorder une autonomie, un peu comme si elles restaient des enfants toute leur vie.

Au départ, le terme suffragette était un terme dénigrant inventé par un journaliste britannique. Plutôt que d’utiliser « suffragistes », pour faire référence aux personnes militant pour le suffrage des femmes (le droit de vote des femmes, en d’autres mots), il choisi « suffragettes » dans une tentative de diminuer leur importance. Ça ne leur a pas fait un pli. Elles l’ont complètement récupéré, s’auto-déclarant suffragettes.

 

Leurs histoires, à ces femmes activistes-militantes-féministes, sont fascinantes. Je vous invite à lire sur

les femmes de la famille Pankhurst, fondatrice de groupes majeurs pour le droit de vote des femmes,

sur Kitty Marion, une vie débordante de militantisme et d’action,

sur Lucy Stone, une des premières femmes américaines à obtenir un diplôme universitaire,

sur Emily Davidson, morte pour la cause.

 

Ce sont des histoires inspirantes, parfois horribles et aussi plutôt confrontantes. Elles soulèvent des questions encore tout à fait pertinentes. Leurs luttes (parce qu’elle n’est pas unique) ont été faites de marches, de manifestations, de pétitions, d’assemblées, de discours. Jusque-là, personne n’est dépaysé, j’imagine, les luttes progressistes d’aujourd’hui passent par ces mêmes chemins. Mais la bataille pour le suffrage des femmes a aussi compté son lot de vitres cassées, de bombes dans des lieux publics, de courriers piégés, d’emprisonnements, de grèves de la faim, et j’en passe.

 

Assez pour être taxées de terroristes selon nos standards actuels.

Assez pour se demander quand le droit de vote des femmes aurait été obtenu sans ces actions.

Assez pour ternir leur réputation pour certains.

 

La Women’s Social and Political Union (WSPU), l’Union sociale et politique des femmes était une organisation britannique créée par les femmes Pankhurst au tout début du mouvement. Sa devise était « Deeds, not words », c’est-à-dire, « Des actions, pas des mots ». C’était une façon de demander au pouvoir politique de l’époque un réel support à leur cause, pas juste un discours qui les soutienne publiquement, mais des politiques qui leur donnent ce qu’elles demandent.

Surtout, c’était une manière de s’engager elles-mêmes dans une lutte avec des actions concrètes qui mènent au changement. Elles croyaient nécessaires de sortir du carcan dans lequel les tenaient les hommes en posant des gestes forts, en arrêtant de se soucier de rester de gentilles filles.

 

Le débat autour du recours à la violence continue d’enflammer les passions.

Les idées soulevées par ces femmes persistent toujours.

La lutte n’est pas encore complètement gagnée.

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