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J’ai eu peur de mourir à 28 ans

Avoir eu vraiment peur de mourir à 28 ans, ou comment j’ai eu un cancer du sein à moins de 30 ans…

C’est un samedi, je vais faire ma certification de plongée sous-marine dans une réserve à Kahnawake, près d’où j’ai grandi. On est à la fin du mois de mai et l’eau est évidemment encore très froide, il faut donc un habit super étanche. C’est en le remontant bien serré sur mon corps que j’approche ma main de mon sein droit, et que j’y sens une bosse dure.

Mais qu’est-ce que c’est? Je n’ai jamais eu ça, des bosses aux seins. J’en parle à ma mère et je prends rendez-vous avec mon médecin de famille une semaine plus tard. Il m’envoie aussitôt passer une échographie et une mammographie.

La radiologiste de la clinique du sein du CHUM me dit que ce n’est assurément pas un kyste, donc me propose de faire une biopsie maintenant pour éviter que j’aie à revenir juste pour ça. Je lui réponds : « OK, let’s do this. » Elle me dit qu’on m’appellera pour me donner rendez-vous en personne peu importe les résultats.

Je continue ma vie, je suis en fin de session d’été à 3 cours, pas le choix.

Deux semaines plus tard, je reçois un appel pour mon rendez-vous. On me convoque une semaine et demi plus tard et on me dit « ce sera avec docteur X ».

En petite fouineuse, je google le nom de ce docteur et j’y vois : chirurgien-oncologue, spécialiste du cancer du sein.

Et là, je me mets à paniquer et à angoisser ma vie. J’vais voir ma psychologue, je pleure de panique dans son bureau. J’appelle ma mère pis je finis par me calmer. Je dois me concentrer sur mon déménagement du 1er juillet, ce qui compte c’est ça, ici et maintenant.

Mon rendez-vous est quelques jours après mon déménagement. Je demande à ma mère de m’accompagner, car je ne veux pas y aller toute seule. J’ai besoin de support, j’ai besoin de ma maman.

Et puis, le verdict tombe : tumeur cancéreuse maligne au sein droit. Opération de mastectomie partielle prévue 4 jours plus tard. On est le 6 juillet. Le 10, on m’enlèvera c’t’affaire-là.

Mon médecin me dit : « J’pense pas que t’auras besoin de faire de la chimio, mais on ne prendra pas de chance, on fait les tests et on organise tout. »

S’en suivent des semaines d’examens, de préservation d’ovules (au cas où j’aurais eu à faire de la chimiothérapie, car elle peut fortement rendre stérile), de prises de sang, d’incertitudes, de peur. Une peur immense. Celle de mourir. Celle qui me prend par en-dedans comme la gangrène pis que je détruis à grands coups de courage.

La peur est une réaction, le courage, c’est un choix.

Après 2 mois, j’apprends que je n’aurai pas besoin de chimiothérapie, que mon cancer était au stade 1, que mon risque de récidive est extrêmement faible et que j’ai pris cette histoire à temps. Effectivement, seules 6 semaines ont passé entre le moment où j’ai découvert la bosse et celui où on m’a opérée.

Vient le soulagement. Puis la radiothérapie. 19 séances chaque matin de la semaine pendant presque 1 mois. En pleine mi-session de 3 cours. Parce que pas question que je laisse tomber mes rêves pour cette bibitte-là. Donc, je prends soin de moi mais je continue d’avancer.

La radiothérapie se termine et j’ai 10 ans à prendre une petite pilule tous les jours qui m’évitera une récidive et qui me gardera en vie de bien longues années.

Enfin, en ce moment, je suis dans un petit café en Colombie et je profite de la vie. Parce qu’à 28 ans, j’avais clairement d’autres plans que de pogner un cancer. Mais la vie est pleine de surprises, des bonnes et des mauvaises. Elle m’a tout de même tellement offert.

La morale de cette histoire, c’est : profite de la vie, prends soin de toi et ne niaise pas avec ta santé, peu importe ton âge. Pratique l’autopalpation des seins chaque mois et consulte si tu as des inquiétudes. ❤

Par Janyck Beaulieu

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