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Peut-on revenir complètement de l’Afrique?

Tu pars? Oui.

Où? En Afrique de l’Ouest.

Pour combien de temps? Six mois.

Un certain 18 juin 2018, je prenais l’avion. Direction l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal. Je me rappelle avoir googlé le nom du village; introuvable. Voyons donc, je pars où? Je partais vers l’inconnu, sans savoir que j’allais tomber amoureuse de cet inconnu.

Une espèce de coup de foudre, qu’on se promet de ne jamais oublier.

Je suis tombée amoureuse de ce petit village introuvable sur Google pour mille et une raisons.

Pourquoi es-tu partie, Meliza?

Officiellement, pour effectuer un stage professionnel. Officieusement (et je l’ai appris quelque temps après mon départ), pour me rencontrer.

Je me suis rencontrée parce que j’étais sans repères. Je me suis rencontrée parce que j’ai poussé mes limites au-delà de l’imaginable. Je me suis rencontrée parce que j’ai pris du recul. Je me suis rencontrée parce que j’ai pleuré, à plusieurs reprises, seule dans ma chambre. Je me suis rencontrée parce que j’étais seule face à moi-même. Je me suis rencontrée parce que je me suis beaucoup remise en question. Je me suis rencontrée parce que j’ai affronté mes peurs. Je me suis rencontrée parce que j’ai confronté mes idées reçues, mes préjugés. Je me suis rencontrée parce que j’avais mille raisons de revenir, mais j’ai toujours préféré rester …

Je me suis rencontrée, en même temps que j’ai rencontré un tas d’autres personnes inspirantes, chaleureuses, simples, généreuses d’elles-mêmes, remplies de bonté.

Chacune à leur façon, elles ont guéri mes maux.

Pour ça, je leur serai infiniment reconnaissante.

On part parce qu’on se cherche, un peu, beaucoup. On part dans l’espoir de mettre tout sur « pause ». On part également pour fuir, un peu, beaucoup. On part sûrement parce qu’on est curieux.

Qu’en est-il du retour? Peut-on complètement revenir de l’Afrique?

À Montréal, tout était similaire et différent à la fois. On a l’impression que deux mondes continueront de se côtoyer dorénavant, quelque part en nous. Des personnes, des sourires, des voix, des chants, des couleurs d’ailleurs; tout ça fait partie de nous, désormais. Chaque fois qu’on a l’occasion de le faire, on parle de notre vie là-bas, comme si elle nous attendait…

Alors, « non », on ne revient pas complètement de l’Afrique, encore moins d’un village introuvable sur Google.

Mieux encore, on se promet d’y retourner et de retrouver cette part de nous, laissée là bas.

Par Meliza Alili

Source photo de couverture

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