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Rotterdam : valser dans la diversité sexuelle

Le mardi 15 janvier débutait la présentation de la pièce de théâtre Rotterdam, présentée au Théâtre La Bordée. Cette pièce, explorant les diverses questions de l’identité sexuelle, de l’orientation sexuelle et du regard de la société face à ces sujets, a été écrite par le britannique Jon Brittain. Présentée en version française à La Bordée, elle a été traduite et mise en scène par Édith Patenaude.

L’histoire

Alice et Fiona, interprétées respectivement par Marie-Hélène Gendreau et Pascale Renaud-Hébert, partagent leur vie ensemble depuis sept ans. Sept ans de vie commune, exilées aux Pays-Bas, et les parents d’Alice ne savent toujours pas qu’elle est homosexuelle. Alors qu’elle s’apprête à leur annoncer par courriel qu’elle aime une femme, qu’elle EST homosexuelle, Fiona décide qu’elle ne peut plus se taire sur son identité. Elle, aurait dû être un lui. Fiona s’est toujours sentie comme un homme au fond d’elle, malgré le sexe biologique du corps dans lequel elle est née. Elle annonce donc à Alice qu’elle veut entreprendre les démarches pour une transition vers le genre masculin. Fiona ne sera donc plus jamais Fiona…

La première partie de Rotterdam nous plonge au cœur de l’enjeu entourant l’identité du genre, en passant par de très nombreux questionnements…

Qu’est-ce qu’un homme? Qu’est-ce qu’une femme? Peut-on baser une identité sexuelle seulement à partir d’un genre biologique? Qu’arrive-t-il lorsqu’on naît dans le mauvais corps?

Rotterdam aborde la profondeur de la question tout en rendant le tout léger avec ses touches d’humour parsemées de part et d’autre des moments cruciaux qui en rendraient plus d’un mal à l’aise. Mais parlons-en! Le sentiment d’être un homme au fond de soi ne pousse pas du jour au lendemain. Fiona s’exprime clairement sur le sujet, elle ne veut pas devenir un homme, elle veut juste arrêter d’essayer d’être une femme qu’elle n’est pas. Pour elle, le sentiment est ancré depuis toujours. Son reflet dans le miroir lui ment, la tonalité de sa voix lui semble fausse. Elle ne se sent pas lui-même.

Quoi qu’il en soit, la pièce nous propose de creuser un peu plus loin sur la notion d’identité du genre, et de ce qui la définit.

Et si le genre d’une personne que l’on aime change, qu’en devient-il de notre orientation sexuelle? Fiona étant un homme au fond de lui, qu’en est-il d’Alice? Quel terme devient alors approprié? Quelle est l’étiquette qu’on devra lui apposer dans la société? Hétérosexuelle? Bisexuelle? Pansexuelle? Queer?

En parlant de ces étiquettes, pourquoi existent-elles? Pourquoi est-il si important d’appartenir à un genre précis, d’avoir une orientation sexuelle précise?

La deuxième partie de la pièce nous pousse face à cette réflexion. Elle remet en question la perception de la société sur cette vision binaire. Pourquoi Fiona, maintenant identifié en tant qu’Adrian, ne pourrait-il pas aller à la salle de bain des hommes sans se faire dévisager?

La société divise les gars des filles dès l’enfance, notamment avec les couleurs des vêtements – bleu pour les garçons, rose pour les filles. Il existe des « sports de fille » et des « sports de gars ». L’identification des salles de bain fait de même, en désignant une robe pour les dames.

La réflexion proposée va encore plus loin que la question du genre, à la place qu’accorde la société à l’image physique. Dès le premier contact avec une personne, on lui associe un genre, que ce soit par sa façon de s’habiller ou de coiffer ses cheveux. Une personne est-elle définie par les vêtements qu’elle porte? Peut-on affirmer le statut social d’une personne à la marque de ses vêtements? Une femme féminine est-elle une femme qui porte des robes, des talons hauts et qui se maquille tous les jours?

C’est à travers une vague d’émotions transmises grâce au jeu exceptionnel des comédiens et comédiennes, d’une trame musicale parfaitement ajustée au rythme de la pièce et d’une mise en scène adaptée au Québec actuel que vous naviguerez dans cette réflexion qui mérite franchement que l’on s’y penche. Les questions de l’identité du genre et de l’orientation sexuelle doivent être posées, et ce, sans gêne, et Rotterdam saura vous y guider.

La Bordée profite de tous ces questionnements pour nous aider à démêler le tout. Alors que vous serez chaleureusement accueilli.es dans les murs du théâtre de la rue Saint-Joseph, un mur entier est consacré à la définition des identités de genre et des orientations sexuelles.

La pièce est présentée au Théâtre La Bordée jusqu’au 9 février.

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