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Toi qui es parti trop tôt

À la mémoire de l’ami de mon amie.

Quand la mort frappe, elle ravage tout sur son passage. Elle écorche et brise les cœurs les plus purs et les plus vrais. 

Larmes. Cris. Regrets. Douleur. Cœur meurtri.

On pense qu’on est invincible jusqu’à ce que la mort vienne défoncer la porte de quelqu’un qu’on connaît, qu’on aime, et qu’elle l’emmène loin, très loin. 

C’est ce qui t’est arrivé, mon amie… 

Tu as dû affronter la perte de ton ami. 

Un départ indésirable, inattendu. Un accident banal. 

Tu as appris son départ dans les journaux. 

Tu n’y croyais pas. 

Il était toujours en vie hier quand tu lui avais parlé. Il était heureux et en santé. 

Toi qui étais censée le voir bientôt, partager d’autres beaux moments avec lui. Ces beaux moments se sont envolés dès l’instant où tu as compris que même si tu le textais, même si tu l’appelais, tu n’aurais aucune réponse. Le silence de l’autre côté. Le vide. L’absence. La mort. 

Il est parti, comme ça, sans un au revoir, sans un dernier mot, sans rien. 

Et ton monde s’est écroulé. 

Quand il est parti, tu as eu mal. Beaucoup mal, mais tu n’en as pas parlé. Tu ne voulais pas en parler, car ça te faisait souffrir. Ça te faisait mal de voir des photos de lui, souriant, riant. Ça te faisait mal de ressasser les souvenirs de lui. Très mal.  

Tu as alors commencé à construire un mur autour de ton cœur. Tu ne voulais plus parler de lui, plus penser à lui, plus le voir sur les photos, car tu souffrais trop. Tu aimais mieux cacher tous tes souvenirs de lui dans un coin très reculé de ton esprit et espérer continuer à survivre. 

Mais c’était impossible. 

Tu ne pouvais pas t’empêcher d’utiliser les « si » : « Si j’avais été avec lui le soir qu’il est mort, serait-il encore en vie? » Tu aurais tant aimé lui dire à quel point il comptait pour toi, à quel point tu l’appréciais, à quel point il n’avait pas le droit de te laisser seule dans ce monde. Tu étais partagée entre la tristesse et la colère. Il avait toute la vie devant lui, il était bien entouré, avait une famille qui l’aimait, une job dans laquelle il excellait et, du jour au lendemain, les pleurs et les habits noirs ont remplacé les projets et les sourires. Il n’était plus question du présent ou du futur, mais du passé. Rien que le passé comme seul souvenir. Et aucune possibilité de créer de nouveaux souvenirs.

Tu as pleuré un nombre de fois que seule toi sais. Tu as espéré un jour meilleur. Puis, petit à petit, tu as appris à accepter, non sans douleur et sans peine, qu’il ne revienne pas. Que la mort l’a happé et l’a emprisonné dans ses filets. Tu as appris à accepter son absence. 

La page n’est pas encore tournée et elle ne le sera peut-être jamais, mais tu sais maintenant, après tout ce temps et ces épreuves, qu’il sera toujours là avec toi, dans ton cœur et dans tes souvenirs. Il t’a fait réaliser à quel point la vie tenait à un petit fil et que ce fil pouvait se casser n’importe quand, peu importe ton âge, ta santé, ta bonté. 

Malgré l’immense douleur dans laquelle tu as dû te débattre pour garder la tête hors de l’eau, tu es reconnaissante qu’il ait fait partie de ta vie. Même si ce jeune homme n’a été là qu’un bref instant, tu ne regrettes pas d’avoir souffert, car cette souffrance t’a procuré énormément de bonheur. Il a ensoleillé ta vie en te montrant sa vision des choses et sa manière de voir le bonheur. Et un jour, tu le sais, vos chemins se recroiseront.

Source photo de couverture

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