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La possibilité d’une tragédie & No Need For Blue Jeans Here, à Tangente

Marcher en forêt, ou entrer dans une pièce remplie de plantes, sentir l’odeur humide et terreuse, être comme transporté vers le dehors. Plus de verdure, il en faut toujours plus, disent certains, alors que d’autres lui préfèrent le béton. Petite, ma mère possédait peut-être une centaine de plantes. Récemment, je tombais sur cet article de Modern Farmer portant sur une Brooklynoise qui vit entourée de 500 plantes dans son appartement. « I think that the only way I’ve really been able to survive in New York is by surrounding myself with plants», avoue-t-elle.

La possibilité d’une tragédie, d’Amélie Rajotte, explore les thèmes de l’environnement, du bienfait de la cohabitation avec la nature. Les deux interprètes labourent la terre située dans un grand monticule au centre de la pièce. Dès l’arrivée, c’est l’odeur qui nous prend, qui nous amène dans un état de bien-être. Les performeuses plantent des fougères, caressent des plantes odorantes, et sensuellement se salissent. On aurait presque envie de les rejoindre, dans leur orgie de brassage de la terre. Lentement, on est conquis, l’expérience en devient quasiment une de thérapie de groupe. Par la création sonore hypnotique de Nelly-Ève Rajotte, par les mouvements répétitifs des danseuses, La possibilité d’une tragédie donne envie de mettre la main à la terre, tout en protégeant ce qui lentement se dégrade.

En deuxième partie, Tangente présentait No Need For Blue Jeans Here, une pièce absurde prenant place dans un paysage de plastique. Possible suite à une fin de la nature, les chorégraphes Aliah Schwartz et Guillaume Loslier-Pinard imaginent un écosystème aux allures robotiques dans lequel Schwartz plante des pierres qui, plus tard, se retrouvent dans la bouche de Loslier-Pinard. Les plantes y sont mortes, l’univers y est géré au quart de tour par l’intervention humaine, si celle-ci est humaine. C’est la femme-plante qui allume la lumière, alors que l’homme, lui, est terré dans un abri en toile. Le futur en est-il un de plastique? Du 24 au 27 janvier, à Tangente.

À venir à Tangente :

Joey Eddy, William Ellis, Robert Kingsbury, Kate Nankervis, Andrew Tay (Toronto)

Geneviève Jean-Bindley

Crédit photo: tangentedanse.ca

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