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Et si on se déconnectait?

Si je regarde autour de moi depuis un certain temps, j’ai l’impression qu’il y a une vague – non, un raz-de-marée – qui nous submerge, et pour le mieux. Bienvenue au zéro déchet, à la réduction d’utilisation de plastique, à la consommation intelligente et tout le reste!

Ça m’emplit d’espoir de voir tous ces beaux humains faire tous ces efforts à l’unisson pour redonner meilleure mine à notre planète, pour contrer l’ennemi commun que représente la pollution sous toutes ses formes.

Et moi, pendant ce temps, je me suis mise à me questionner sur un autre genre de pollution qui m’afflige au quotidien. Celle-là est, certes, beaucoup moins dommageable pour l’environnement, mais elle est à mes yeux potentiellement nuisible à mon bien-être psychologique : c’est ce que j’appellerai ici la pollution virtuelle.

Nous vivons à l’ère du numérique où notre cellulaire s’est greffé à nos mains, comme un prolongement de notre corps. Toujours être informés, toujours être contactés, toujours être divertis. Combien d’heures sont gaspillées à juste défiler les flux de photos, de publications?

Le petit cercle rouge s’affiche sur l’icône de mes courriels et je m’empresse de presser le bout de mon doigt dessus afin de voir quel peut bien être l’excitante nouvelle qu’une personne a décidé de me partager via la grandiose autoroute virtuelle de l’information. Hélas! Encore un message publicitaire d’une compagnie X m’informant qu’il y a un INCROYABLE rabais de 40% pour une durée limitée! Une vente spéciale avec le deuxième article à moitié prix! La livraison gratuite pour un court moment!

C’est peut-être encore un réseau social ou un organisme au hasard que j’ai oublié, auquel j’ai probablement adhéré un jour, il y a des mois ou des années en signant une pétition ou en participant à un concours, et qui veut s’assurer que je ne décroche pas de lui.

Tristement, ça ne s’arrête pas là. Bien que je ne raffole pas particulièrement de Facebook, j’y vais quand même pour faire une petite tournée des actualités de mes amis de temps à autre (surtout quand je suis dans un cours pénible où le prof récite sa présentation, mais chut, faut pas le dire). Sauf qu’au lieu de voir les photos du nouveau chat de ma copine ou l’annonce de la promotion d’une vieille connaissance, je ne vois pratiquement que des publicités. Une pub pour ci, une autre pour ça, ça ne finit plus. Je tombe sur une vidéo; ah, cool! Mais à peine ai-je commencé à l’écouter que je me retrouve avec une pause publicitaire en plein milieu pour interrompre mon visionnement.

Et puis, ai-je besoin de dire à quel point c’est troublant, la façon dont les réseaux sociaux épient nos données numériques pour nous gaver de publicités qui correspondent étrangement à notre dernière recherche, à nos intérêts? Moi, ça me laisse un drôle de sentiment.

Sur Instagram et YouTube, même chose : toujours quelqu’un pour faire la promotion de quelque produit que ce soit.

Tu sais, je crois aussi que cette pollution ne se limite pas qu’aux tactiques de marketing des entreprises…

Tu sais, ton oncle lointain qui publie toujours des publications bourrées de fausses informations et qui commentent des trucs racistes? La fille qui ne fait que péter sa coche sur tout et rien dans chaque statut? Le gars que tu vois passer, avec qui t’as aucune connaissance en commun, que tu ignores pourquoi vous êtes abonnés mutuellement, mais que tu gardes par lâcheté?

As-tu réfléchi aussi au nombre de publications que tu « aimes » juste par réflexe, juste par habitude, sans réellement t’y intéresser? Ça perpétue d’une manière la consommation rapide et superficielle de contenu : regarder, aimer, passer au suivant. Et ça se recommence.

Ben ça y est, moi je t’invite à faire du ménage. C’est le temps d’épurer, de nettoyer, de faire le tri dans notre monde en ligne. D’être plus attentif au contenu avec lequel tu décides d’interagir.

Parce qu’à la base, les réseaux sociaux, c’était censé nous rapprocher, faciliter les contacts, nous permettre un peu de décrocher de la réalité. Depuis quand est-ce devenu une plateforme de vente, de propagation de messages négatifs?

Moi, je veux réduire la pollution virtuelle qui assombrit mon passage sur les Internets. J’ai déjà changé mes préférences pour limiter les traces que je laisse, pour garder une certaine confidentialité, pour empêcher les compagnies de m’espionner pour ensuite tenter de m’acheter.

J’ai commencé à supprimer les personnes qui n’apportent rien de positif à ma vie numérique (sans rancœur), celles qui l’alourdissent. Je me suis déjà désabonnée de plusieurs comptes et pages qui ne me ressemblent plus. D’ailleurs, je ne vous dis pas à quel point j’en veux à la Audrey-Maude d’il y a 10 ans qui aimait tout et n’importe quoi!

Je t’invite à le faire aussi avec moi! Pour le mois de février, je t’encourage à retirer de ton monde virtuel une personne, un compte qui pollue ton expérience. Tu peux aussi faire des gestes pour changer ta présence en ligne et la rendre plus sécuritaire, plus réfléchie. Si tu le sens vraiment, tu peux aussi tenter de réduire ton temps d’utilisation!

Alors, et si se on déconnectait un peu? Il me semble que ça nous ferait du bien.

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