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La chirurgie bariatrique a fait ses preuves

En octobre dernier, l’IUCPQ, l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, réputé pour son équipe de chirurgiens spécialisés en chirurgie bariatrique, a inauguré sa première édition de lutte contre l’obésité sévère. Elle est reconnue, par Obésité Canada, comme une maladie chronique. Plusieurs facteurs peuvent amener une personne à développer de l’obésité au-delà des nombreux préjugés véhiculés dans notre société. Quels préjugés me diras-tu? Départageons ensemble le vrai du faux. En faisant mes recherches, j’ai moi-même défait beaucoup de mythes

Mythe ou réalité?

La chirurgie bariatrique est méconnue, mais si bénéfique pour ceux et celles qui la subissent, mais pas sans sacrifices importants. Pourtant, certains prétendent avoir la science infuse et déclarent que les gens souffrant d’obésité font perdre de l’argent au système en monopolisant le temps des chirurgiens pendant qu’ils pourraient tout simplement arrêter de manger en trop grande quantité. Au contraire, la chirurgie bariatrique sauve de l’argent à l’État, car cette opération va « régler » souvent plusieurs autres maladies chroniques comme le diabète de type 2, l’hypertension, le cholestérol et certains problèmes cardiovasculaires.

J’entends aussi d’autres personnes, qui ne sont pas plus médecins que vous ou moi, affirmer que les personnes qui ont de l’embonpoint ou qui sont obèses, qu’importe le niveau et surtout la cause, devraient suivre « X » ou « Y » régime pour perdre du poids et que la chirurgie bariatrique est l’option de la facilité. Elles pensent que l’obésité n’est due qu’à un manque de volonté.

L’IUCPQ pourra vous affirmer que ces gens ont tort, car l’obésité est reconnue par l’OMS comme une maladie, un « désordre des systèmes complexes d’équilibre énergétique du corps »[1], qui contrôlent l’appétit, la digestion, et le métabolisme, ce qui amène une difficulté à perdre du poids. Ton corps se bat contre « la famine », qu’elle soit réelle, comme par le passé dans notre société occidentale, ou créée par un état de régime. Tu n’as pas dans ton quotidien en 2019, pour la grande majorité, la même dépense énergétique que nos ancêtres coureurs des bois qui tannaient la fourrure pour se tenir au chaud, par exemple, n’est-ce pas?

Est-ce que les gens reprennent tout leur poids après ce genre d’intervention? Pour la plupart, non, car l’estomac qui a eu cette opération a la taille d’une banane et leur corps leur envoie des signes assez éprouvants s’ils ne suivent par leur diète qui consiste à manger des petites quantités d’aliments environ aux 2 heures dans la journée. En fait, au contraire, il paraîtrait que les gens qui suivent des régimes sans attaquer le problème à la source, une fois le régime terminé, reprennent tout le poids perdu avant le régime en question.

Témoignage et remerciement

« Le Dr Frédéric Simon Hould de l’IUCPQ a changé ma vie en 2017, je ne pourrais jamais le remercier assez de m’avoir offert cette nouvelle vie! », m’affirmait Karine Breton, une Beauceronne de 30 ans qui a vécu les désagréments de l’obésité morbide depuis son adolescence. Atteinte, à l’époque, d’un trouble alimentaire appelé hyperphagie-boulimique, c’est-à-dire l’ingurgitation compulsive d’aliments pour répondre à un besoin mental inconscient, mais qui suscite un grand sentiment de culpabilité, selon l’ordre des diététistes au Québec, elle ne pouvait pas être opérée tout de suite à cause de cette particularité alimentaire. On l’a mis alors sur une liste d’attente de l’approbation d’un psychologue qui a dû la rencontrer à quelques reprises avant de confirmer au gouvernement qu’elle était une bonne candidate pour subir la chirurgie bariatrique. On voit donc que les critères pour être opéré ne traduisent pas la facilité. Les candidats qui doivent se faire opérer pour ce genre de chirurgie sont très bien suivis sur le plan physique et mental, autant avant l’opération qu’en postopération. Ce n’est pas une décision à prendre à la légère. D’ailleurs, il y a quand même plusieurs complications qui peuvent arriver, dont certaines carences, qui peuvent survenir à peu de temps ou longtemps après l’opération, qui sont à considérer avant d’accepter l’intervention. S’ils n’avaient pas cette seule option pour améliorer leur vie, je ne suis pas certaine qu’il prendrait le risque de se faire opérer pour perdre du poids pour leur apparence. Non. On parle, dans la majorité des cas, de personnes qui luttent pour augmenter leur qualité de vie au risque de perdre quelques acquis.

  1. Le jour « J » finit par arriver. Elle fut référée par son psychologue sur la liste, puis opérée il y a un peu plus de 2 ans par le Dr.Hould de l’IUCPQ qui a fait un travail exemplaire avec elle. Parlant d’encadrement, le Dr.Hould a très bien suivi Karine pour lui faire subir le type de chirurgie approprié à son besoin, dans son cas la « sleeve[2][i]» qu’elle avait soigneusement lu sur ses risques et effets avant de donner son consentement à la subir.

Retournerais-tu en arrière maintenant que tu as été opérée, si c’était possible? lui ai-je demandé :

« Non pas aujourd’hui, mais le premier mois, oui. La diète est TRÈS difficile à introduire au quotidien et les conséquences des incartades de la diète font mal, mais jamais je ne retournerais en arrière, car cette opération m’a donné le sentiment de reprendre le contrôle sur ma vie. »

Elle a rapidement réalisé que sa santé et sa physionomie s’amélioraient à vitesse grand « V ». Toutefois, elle a aussi réalisé qu’elle devrait apprendre une nouvelle façon de se nourrir : elle a dû suivre les mêmes étapes que lorsqu’une mère apprend à son enfant à manger, des breuvages aux purées à la nourriture moins solide jusqu’à l’intégration graduelle d’aliments plus « normaux », mais en quantité beaucoup plus petites qu’avant et plus souvent. Pas à pas. Une renaissance. Aurais-tu cette patience et ce courage? Si tu voyais que cette opération restait la seule avenue pour te libérer de ce poids sur tes épaules, sans mauvais jeu de mots, oui, je pense. Ai-je tort? De plus, elle a aussi appris à cuisiner des aliments plus protéinés, moins gras et moins sucrés parce que, comme elle m’ajoutait : « Faire un dumping, ça fait vraiment mal! » Tu apprends donc à la dure à manger différemment pour respecter ton nouvel estomac, mais il faut dire que l’opération, combiné à ces changements et à des marches fréquentes lui ont permis de perdre 100 livres en 14 mois et de soigner le diabète de type 2 qui venait de se déclarer et de l’hypertension qui l’affectait. D’ailleurs, l’apprentissage de ces deux pathologies ont été des déclencheurs pour Karine de l’urgence d’agir : elle ne voulait pas plus hypothéquer sa vie : elle voulait changer le cours de son histoire.

Changements

Ainsi, les personnes qui subissent cette intervention doivent se tenir à un régime protéiné à petites doses et doivent éviter les grandes quantités de sucre ou de gras pour éviter ce qu’on appelle en jargon médical un « dumping ». Elles doivent marcher environ 10 000 pas par jour, calculés par un podomètre, et prendre certaines sortes de vitamines pour éviter les carences, car l’avantage de la chirurgie est la perte optimale de 65 % des graisses avant l’opération en question, mais demande un régime de vie très exigeant par la suite. Il faut être prêt. À ce propos, il n’y a jamais de solution sans effets secondaires. Le plus grand désagrément de cette chirurgie, si on oublie les risques encourus, ce sont les chairs pendantes qui restent après l’intervention, témoins du corps d’avant qui a laissé son empreinte. À ce niveau, Karine attend encore la prochaine chirurgie qui l’aidera à reprendre davantage confiance en elle pour enlever ce surplus de chairs qui lui occasionne des inconforts…

Un pas à la fois vers un avenir meilleur. Penses-tu toujours que c’est magique la chirurgie bariatrique et l’obésité causée par la paresse? Ça change les perspectives!

[1] Source : https://weightlosssurgery.ca/fr/informez-vous/perdre-du-poids/

[2] https://weightlosssurgery.ca/fr/a-propos-de-nos-chirurgies/quelle-chirurgie-bariatrique-me-convient/

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