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Suivre son cœur

Suivre son cœur. Je sais que ça peut avoir l’air de ne rien vouloir dire. Ça ressemble à un conseil qu’on donne pour remplir les trous, quand on ne sait plus quoi dire pour apaiser les tourments. Ça a l’allure d’un remède de grand-mère qui n’aurait pas vraiment fait ses preuves.

Je crois qu’on se trompe lourdement en sous-estimant la valeur, le poids de ces trois mots quand ils s’assemblent. À mes yeux, on se méprend sans doute souvent sur la réelle signification de cette expression. On pense que ça veut dire : « Fais ce que tu as envie de faire. » C’est bien. C’est clairement en partie ça. Mais, je doute que ce le soit exactement. J’ai l’impression que cela signifie quelque chose de plus « spirituel », je crois que ça a davantage à voir avec l’instinct.

C’est peut-être choisir ce qui nous semble juste, bien. C’est peut-être aller là où on a vraiment envie d’aller ou, d’autres fois, prendre une décision qui ne nous plaît pas sur le moment, mais qui, nous le savons, se doit d’être prise et sera la meilleure à long terme. C’est se donner le droit de faire des erreurs, mais rarement des erreurs qu’on regrette. Si le cœur nous mène là, c’est probablement qu’on devait tenter notre chance pour ensuite pouvoir réellement passer à autre chose. Il en faut des erreurs et ça le cœur le sait, parce que justement il ignore tellement de choses. C’est dépasser ses peurs, parce que leur centre de contrôle se trouve juste là, dans notre tête. Le cœur n’a pas peur, il prend des risques.

C’est pour ça qu’on a une tête et un cœur. On se doit de trouver l’équilibre entre les deux, pour nous-mêmes. Certaines décisions nécessitent, selon moi, une réflexion cérébrale, toutes les petites décisions qu’on prend au quotidien sans en avoir l’impression. Mais je crois que les décisions importantes ne peuvent se passer du cœur.

Ça peut aussi devenir une idée qui guide notre vie. On peut suivre son cœur aussi quand on achète. On en parle de plus en plus, un achat c’est un vote. Mon cœur n’a pas envie de jeter ses bulletins de vote dans les airs, ça a trop d’importance. Des fois, je n’arrive pas à discerner la voix de ma tête de celle de mon cœur. J’ai l’impression qu’on me dit : « Achète ce que tu veux, ce qui va faire plaisir à ton cœur. » Puis, je me dis que faire plaisir à mon cœur, c’est acheter sans culpabilité. C’est acheter moins et en ne pensant pas qu’à mon propre bonheur. C’est comme ça que je me sens bien. Je peux suivre mon cœur quand je mange, quand je parle, quand je réfléchis, etc.

Je sais de quoi ça a l’air : des belles phrases à deux piastres. Mais essayez. J’ai eu la chance de grandir dans une famille où mes premières décisions importantes en tant qu’individu furent prises par moi, seulement moi, avec des « suis ton cœur » qui, sur le moment, me mettaient en rogne car ils ne réglaient rien du tout, ils ne m’aidaient en rien. Ça a sans doute pris près de deux décennies pour que je comprenne ce que ça voulait réellement dire et que ça pouvait peut-être tout régler finalement.

Ça peut, à mes yeux, être la réponse à bien des maux. À bien des mots. Il suffit de voir la ligne tissée entre notre tête et notre cœur, de suivre son instinct. Le cœur vit l’instant présent, sans pression. Par contre, ça peut aussi être lui qui travaille tellement fort pour atteindre ses ambitions. On peut se demander n’importe quand : « Qu’est-ce que je veux vraiment? ». Maintenant ou à long terme.

Dans le fond, sans tous ces mots, je veux juste dire : la réponse est en-dedans de toi, tout le temps, jamais bien loin.

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