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Au cas où tu te demandes si tu poursuis des études supérieures, ou pas?

J’ai toujours valorisé l’éducation et les longues études. Ça m’a donc semblé naturel de poursuivre à la maîtrise à l’issue de mon bacc., il y a deux ans. Je verrai le bout bientôt, mais ces deux années de ma scolarité (sur pas mal qui commencent à s’accumuler) sont définitivement celles qui m’ont le plus challengée. Je peux même pas dire si j’ai trouvé ça long, ou si j’ai l’impression que c’était hier le jour où j’entamais naïvement cette étape. Je fais donc une série de petits constats qui pourront peut-être t’aider si tu te poses cette question : « Je fais-tu une maîtrise/un doc, ou si j’en ai marre? »

Développement de compétences professionnelles

Si je me fie à ce que j’entends autour de moi, les diplômés universitaires tout-frais ne sont pas toujours bien vus. Ils manquent d’expérience et de connaissances pratiques liées à la supposée « vraie réalité du métier ». Cela dit, la maîtrise, ce n’est pas la même game que le bacc.; il n’est pas question de s’asseoir sur les « bancs d’école » (expression péjorative et assez plate) pour écouter un prof parler. En gérant soi-même un projet de recherche durant deux ans, on développe des compétences professionnelles, quoi qu’en disent les mordus de la supposée vraie vie.

Ça se valorise auprès d’un futur employeur que d’avoir établi des protocoles expérimentaux, appris à utiliser d’obscurs logiciels d’analyse, fait des statistiques, géré des stagiaires, planifié des sorties-terrain, des rencontres, etc. Ce n’est pas du temps perdu, par rapport à mes collègues qui ont terminé le bacc. en même temps que moi. C’est des skills!

Esprit d’analyse et décision

Les deux dernières années, j’ai développé mon esprit d’analyse et ma capacité à prendre des décisions. C’est une compétence professionnelle, mais ça se reflète dans d’autres aspects de ma vie; j’arrive à faire des choix rationnels et à questionner davantage ce que je vois autour de moi. Cela dit, ça a fait de moi une personne vraiment sévère. Avec moi, mais aussi avec les autres. Bon.

Dépassement de soi

C’est vraiment cliché, mais c’est vrai. Ça m’amène à mon point suivant.

Apprendre à communiquer

Je suis vraiment chanceuse, et mes directrices de recherche sont trop cool, motivantes et inspirantes. Des fois un peu trop crinquées. J’ai donc fait six ou sept présentations orales devant des publics qui m’intimidaient un brin, moi qui suis déjà assez gênée. Ça m’a permis de découvrir une force et de la développer, celle de communiquer, vulgariser et synthétiser l’information. C’est ce que j’ai préféré overall de mon expérience en  recherche : les heures passées à me creuser la tête pour trouver COMMENT est-ce que je peux expliquer ça pour que tout le monde me suive du début à la fin. Fascinant!

Gérer son stress

Les études supérieures, ç’a été un grand générateur de stress. En fait, j’ai découvert c’était quoi le stress. Je le savais pas. J’ai compris à quel point c’était néfaste pour ma santé mentale et physique. Le bon côté de ça, c’est que je suis rendue bien meilleure pour gérer ces émotions. J’ai compris quelles étaient mes limites et ce qui était toxique, donc j’ai fait un peu de ménage par rapport à ce qui m’importe pour vrai.

Gérer la solitude

Le bacc., c’est une suite de soirées entre copains et d’événements sociaux. L’étude est presque communautaire et les travaux sont collectifs. Les études supérieures, c’est autre chose, du moins en recherche. La majeure partie du travail se fait seul à seul avec son petit ordi, et y’a pas grand monde pour comprendre nos tourments. La détresse psychologique des étudiant.es est d’ailleurs documentée et la solitude est sa première cause.

Voyager

La dernière année, mon projet de maîtrise m’a fait visiter quelques villes du Québec et même quelques pays. Faire de la recherche, c’est avoir l’occasion d’aller à des conférences d’associations de chercheurs du même domaine que soi. Ces événements internationaux se tiennent souvent dans des endroits un peu random, qui changent d’année en année. Une belle occasion de se faire une petite semaine de tourisme pré-conférence! Mais ça, c’est un peu le crémage; c’est ce qui est beau et qui shine, pour toutes les heures passées à travailler (pleurer) devant Excel et Endnote.

P.-S. – J’ai fait une maîtrise de recherche dans le domaine de l’agronomie. Ça doit différer sur plein d’aspects par rapport à d’autres domaines, et ça se peut qu’on ait pas vécu ça pareil.

Source : Unsplash

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