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Voyager pour soi

Je me souviens des premiers cours de la session quand les profs nous demandaient de nous présenter à tour de rôle. T’sais, le genre de truc qui te tente pas tant. Le but était non seulement de savoir quel était le background scolaire de chacun, mais d’apprendre à nous connaître davantage en partageant nos passe-temps ou nos passions.

Je me souviens que ce n’était pas la ressemblance entre les champs d’études qui me frappait le plus, mais bien le manque de diversité concernant les passions de mes collègues, moi incluse. En fait, c’est tout à fait normal, voire prévisible, d’avoir des intérêts communs au sein d’une même génération, surtout lorsqu’il s’agit d’une tendance de plus en plus accessible. Cette réponse en particulier revenait souvent lors des présentations, comme pour nous rappeler l’aspiration qui nourrit notre génération : voyager.

Certains font juste s’y intéresser, d’autres voient cela comme un hobby à temps partiel et quelques-uns ont une réelle passion. Dans tous les cas, le voyage leur est important. On penserait que ça manque d’originalité comme réponse, qu’on ne fait que suivre une mode, mais l’affaire, c’est qu’on le fait pour différentes raisons et qu’on le vit chacun à notre façon. La beauté avec le voyage, c’est l’authenticité avec laquelle le voyageur le fait selon ses propres expériences. Parce qu’une même destination pour deux personnes n’aboutit jamais au même voyage, parce que chaque histoire est unique.

Par contre, c’est en voyageant qu’on remarque que ce n’est malheureusement pas tout le monde qui semble le faire pour les « bonnes raisons ». Parce que le problème avec le voyage, c’est quand le superficiel l’emporte sur l’expérientiel. C’est quand les likes Instagram deviennent plus importants que l’émotion ressentie au moment de la photo. C’est quand le voyage est davantage vécu à travers des stories plutôt qu’en temps réel. C’est quand la quête de la meilleure photo de profil nuit à la contemplation du paysage qui en fait partie.

Comme si le voyage tournait autour de ce que les autres vont penser, de ce qu’on va pouvoir leur raconter ou des photos qu’on va avoir à leur montrer. Le problème, c’est quand on tend à oublier la vraie raison d’être du voyage. Parce qu’il me semble qu’on devrait voyager pour soi et non pour l’approbation sociale; parce que t’es pas mieux qu’un autre parce que tu voyages, mais t’es perdant si tu n’en retires pas le meilleur. Outre les photos et les souvenirs, on devrait voyager pour tout ce que cette expérience nous apporte en termes d’émotions, d’apprentissages et de rencontres.

D’ailleurs, c’est à bord d’un avion que j’écris cet article, comme pour me rappeler les principales raisons pour lesquelles j’aime voyager et continue d’y investir mes économies chaque année. Et croyez-moi, je n’en suis pas à ma première mésaventure outre-mer, mais ça ne m’empêchera pas de continuer et, de toute façon, c’est souvent ce qui fait les meilleures histoires à raconter.

Je voyage pour le défi personnel et la satisfaction que ça me procure. De sa planification à sa réalisation, le voyage présente certaines difficultés et chacune d’entre elles se traduit en accomplissement. C’est déstabilisant, imprévisible et stressant, mais on en revient fiers et contentés. Pour moi, le voyage représente un thrill qui n’est pas aussi accessible dans notre quotidien ou, du moins, que l’on vit à plus petites doses. Ça nous permet de repousser nos limites, de faire des choses qu’on n’aurait peut-être jamais faites et même de nous voir sous un nouvel angle.

J’aime voyager pour tout l’enrichissement que ça m’apporte. Être en voyage, c’est apprendre quelque chose de nouveau tous les jours. C’est découvrir de nouveaux endroits et leur histoire, de nouvelles cultures et leurs mœurs, de nouvelles personnes et leur vision. C’est apprendre à mieux se connaître soi-même en se découvrant de nouvelles habiletés ou de nouveaux intérêts. C’est partir à l’aventure et vivre avec les risques encourus. C’est aussi accepter notre impuissance face à certaines situations, lâcher prise par rapport aux impondérables et grandir de nos mésaventures.

Je voyage pour l’ouverture que ça me donne. Voyager, c’est s’ouvrir à changer de mentalité, revoir nos priorités et s’adapter aux changements. C’est même être ouvert à changer pour devenir une meilleure personne ou juste la personne qu’on est vraiment. C’est se rendre compte que ce qui nous dérangerait normalement devient soudainement banal. C’est voir la vie avec un regard différent, plus ouvert, plus vrai.

J’aime le sentiment d’évasion qui découle du voyage. C’est sortir de sa zone de confort, de sa routine et de ses distractions quotidiennes. C’est laisser nos problèmes à la maison pour profiter pleinement d’une expérience hors du commun. C’est comme avoir une deuxième vie pendant quelque temps pour mieux revenir à la première, la « vraie » vie. C’est partir avec des valises pleines pour revenir avec le cœur gros et la tête pleine.

Sur ce, bon voyage, quel qu’il soit, tant que tu le fais pour toi!

Source photo de couverture : Unsplash

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