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Abandonner, verbe péjoratif

Bonjour toi, cher·ère toi qui a une tête de mule, un orgueil beaucoup trop gros, et cette détermination, cet acharnement à tout faire toi-même. Toi qui ne demandes jamais d’aide pour ouvrir ton pot de pickles, parce que « tu sais que peux le faire tout·e seul·e ».

C’est difficile de renoncer quand on y pense, non? De se dire « j’ai pas été capable, j’ai dû abandonner. » Comment plus avoir l’air d’une failure? Est-ce que ça fait de toi quelqu’un de faible, de ne pas avoir été en mesure d’ouvrir un pot de sauce à spaghetti?

Évidemment, je nomme des petits exemples bénins, mais on pourrait appliquer ça à plus gros : j’aime ça dire « oui ». J’aime en prendre sur mes épaules, commencer des projets, m’investir et rouler à cent milles à l’heure… jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Jusqu’à ce que je sois fatiguée et que je me demande dans quoi je me suis embarquée. Des comités, des groupes, des activités, des responsabilités… The list goes on.

Et là, on se dit qu’on ne peut pas arrêter parce qu’on s’est engagé·e. On ne veut pas décevoir. On ne veut surtout pas se décevoir.

Fille/gars, laisse-moi te dire quelque chose : t’as en masse le droit de peser sur le break. Parce que sais-tu ce qui est plus hot que de paraitre heureuse/x en étant partout tout le temps? Être heureuse/x en étant bien, où tu veux être. Si pour toi ça veut dire lâcher le comité organisateur, ben ce sera ça. Être plus attentif à moins, c’est mille fois mieux que d’être nulle part un peu n’importe où.

Rappelle-toi aussi que tu n’as rien à prouver à personne, et que tu vois la situation probablement pire qu’elle l’est vraiment. Dans notre société, abandonner est vu comme péjoratif. C’est un échec. On aime mettre l’accent sur ce que l’on a perdu. Il a quitté son emploi ou elle a lâché son BAC. Moi, je crois qu’on devrait plutôt se demander : en quittant la situation qui le/la rendait malheureux/se, qu’a-t-il/elle gagné? Plus de liberté, de bonheur? Tout n’est pas toujours noir ou blanc. Parfois, nos choix tournent dans le gris.

Selon le Larousse, abandonner signifie « laisser aller quelque chose qui ne nous sert plus ». Qui un jour a décidé que c’était mal de le faire? Si la situation dans laquelle tu es ne te sert plus, ne t’apporte plus de joie ou ne te fait plus grandir en tant que personne, il serait peut-être temps que t’en départisses.

La ligne est mince entre renoncer par paresse ou par peur et renoncer pour notre bien-être. On ne fait pas toujours la différence entre les deux, et parfois, on ne sait juste pas comment la faire, cette différence. Encore une fois, je t’encourage à te faire confiance et à suivre ton intuition.

Apprends d’abord à te poser les bonnes questions : pour qui est-ce que je reste? Pour moi ou pour l’opinion des autres? Est-ce que je suis en train d’appréhender le futur ou est-ce que c’est ici, maintenant, que je me sens coincé·e?

Surtout, sois honnête avec toi-même. Les mensonges les plus crédibles sont souvent ceux que l’on se raconte. Fille/gars, crois-moi, ça va ben aller.

Sur ce, hakuna matata. 😉

Source: Unsplash

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