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S’il suffisait d’aimer

J’ai toujours été plutôt proche de mes grand-parents maternels, mais quand j’ai eu un permis de conduire, je suis devenue une habituée du spaghetti de ma grand-mère et de la crème glacée de mon grand-père.

Autour d’un spag, après avoir fait une recherche sur son iPad pour comprendre la différence entre le hijab et la burqa, grand-maman m’a dit que si elle avait appris une chose dans sa carrière d’infirmière et dans sa vie de mère, c’est que l’amour est le remède contre bien des maux.

La Camille de 18 ans avec ses taches de sauce tomate sur son chandail trouvait que sa grand-mère était ben wise, mais ne savait pas à quel point cette philosophie allait lui coller à la peau comme être humain.

J’étudie en relation d’aide et, même si je reconnais que tout le monde vit des difficultés et qu’elles sont toutes valides, je crois fermement que l’amour est toujours partie prenante de la solution.

J’ai récemment écouté un TED talk, Everything You Think You Know About Addiction Is Wrong, et la dernière phrase de la conférence résonne encore en moi.

« The opposite of addiction is connection. »

Et c’est vrai. Pas juste pour les dépendances aux substances psychoactives, mais pour pas mal toutes les difficultés.

Ouvre un DSM (dictionnaire des diagnostics de santé mentale) et tous les troubles qui s’y trouvent ont au moins un facteur de risque et un facteur de protection liés au soutien social.

Que ce soit l’implication parentale, le réseau de pairs, la présence de fratrie, les relations prof-élèves, le sentiment d’appartenance à l’école, les ressources disponibles dans le quartier, tous ces facteurs ont une influence sur le bien-être d’une personne.

En fait, c’est juste une évidence. Si l’être humain était fait pour vivre seul, il n’aurait pas formé des tribus ou bâti des villes. L’être humain est social et tout le monde le sait, mais parfois quand on a le nez collé sur l’écorce, on ne voit pas la forêt derrière l’arbre.

Alors voici la forêt derrière cet arbre.

Tout ce qui est marginalisé dans notre société, l’itinérance, l’appartenance à une minorité ethnique, à une minorité d’orientation sexuelle, à une minorité d’identité de genre, les handicaps physiques, intellectuels et psychologiques, la dépendance (substances psychoactives, nourriture, jeux, sexe, etc.), la délinquance, si on le démarginalise, si on le normalise, si on donne de l’amour aux personnes qui s’identifient à une de ces caractéristiques, on les aide.

J’aime souvent me demander quel genre d’être humain je veux être. Et quand je pense aux populations marginalisées, je me dis toujours que je veux être celle qui leur tend la main pour qu’elles se relèvent plutôt que celle qui leur sacre une claque dans’face.

Évidemment, ces deux options ne sont pas les seules possibles, mais la question se pose : qui veut-on être ?

Moi je veux être une personne qui combat la marginalisation à coup d’amour, parce que tant que tu as de l’amour, tu as encore quelque chose à quoi te raccrocher dans ta vie. Je ferai pas mon Jésus en disant « aimez-vous les [un.e.s] les autres », mais j’ai envie de dire à toutes ces personnes qui se sentent démunies face aux difficultés de leurs proches et/ou de leurs moins proches que parfois un simple sourire, une écoute sincère, un câlin ou un rire peuvent aider quelqu’un à aller mieux. Parfois, un peu d’amour, ça rallume l’espoir dans les yeux. Parfois, une étincelle d’espoir, c’est tout ce qui compte.

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