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Une histoire de maladresse

Le 30e anniversaire d’une bonne amie. Un groupe de filles, autour d’une table, en train de faire un atelier de cocktails. Moi qui décide de ne pas essayer de faire un des cocktails présentés, parce que « tsé, j’suis vraiment maladroite et j’ai un verre dans le nez, ça sera pas beau ».

Cinq minutes plus tard, l’atelier qui termine. Le barman qui nous prépare des cocktails. Moi qui tends la main vers la belle flûte fancée qui m’interpelle. Mes doigts qui ne comprennent pas trop la notion d’espace, et qui accrochent le verre. Le verre qui se renverse, qui éclate en morceaux. Mon pouce coupé, et un brin ensanglanté.

***

Moins de 24h que je suis arrivée à Londres pour voir mon copain. J’y suis pour la semaine complète, et je suis folle comme de la marde de passer du temps avec lui.

La première soirée débute. Avec un groupe d’amis, nous passons du temps chez lui à jaser, à boire, à profiter du moment présent. Je monte l’escalier pour aller à la salle de bain. Une fois terminé, j’entame la descente pour retourner voir tout le monde.

J’y arrive. Presque.

Je manque la dernière marche. LA DERNIÈRE FOUTUE MARCHE.

Je tombe. Ma cheville gonfle. Commence à avoir des couleurs weird.

***

Je mange seule dans un restaurant fancé de Londres, alors que mon homme est au travail. J’admire les gens pompeux et riches qui m’entourent. Je me sens comme Victoria Beckham, c’est nice. Surtout avec mon plat de saumon fumé trois fois plus gros que ma face.

Je déguste. C’est bon. Mes mains agrippent le couteau et la fourchette comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Mais mes doigts. Mes mains. Mes poignets. Ils ne comprennent vraiment pas c’est quoi la notion d’espace.

Quelque chose se produit. Les ustensiles tombent. L’assiette manque de tomber par terre. C’est un vacarme.

Les gens qui ont l’air d’être des cousins de la reine Élizabeth se retournent tous vers moi. Je suis rouge.

***

À toi, maladroite. À toi, celle qui a des bras qui ne comprennent pas vraiment à quel point ils sont longs. À toi, celle qui cumule les bleus pas rapport partout sur les jambes. À toi, celle qui a un petit orteil dénudé d’âme tellement il a frappé de coins de murs. À toi, celle qui, même si tu as mis des gants pour retirer ta plaque de biscuits au four, réussit tout de même à te brûler le bras (drette là où ton gant finit). À toi qui, tout comme moi, cumules les maladresses.

Je compatis.

Tout simplement.

Crédit photo couverture : Unsplash

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