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Témoignages : Le poids, sans commentaires.

Parfois, on souffre en silence pendant que les autres, eux, applaudissent notre perte de poids. Parfois, on nage dans le bonheur pendant que les autres, eux, jugent notre prise de poids, pour une question de chiffres sur une balance, d’apparence physique, et non de ce que l’on est réellement. Notre enveloppe corporelle est souvent plus importante aux yeux de la société que l’histoire qui s’y cache derrière.

Je veux clarifier ces deux points :

– Perdre du poids n’est pas le plus grand exploit qu’un humain peut accomplir.

– Prendre du poids n’est pas la plus grande tragédie qu’un humain peut vivre.

Comment en sommes-nous arrivées à penser ainsi?

Je vous invite à y réfléchir après avoir lu ces témoignages, et prendre un recul sur votre rapport avec vous-mêmes et les autres concernant le poids.

3 femmes magnifiques nous livrent leur histoire :

« Ça a commencé par un petit mou de ventre récalcitrant. Un petit reflet de ma peau qui plisse dans le miroir lors d’un cours de yoga chaud. T’sais, le genre de salle bondée de comparaisons. Ça s’est vite transformé en une collation de quelques amandes comptées puis éventuellement, un rejet complet de ladite collation si je ne savais pas exactement combien d’amandes elle contenait. Le reste est aussi très vite arrivé à cette époque : un poids en chute libre que je ne pouvais plus contrôler, des leggings flottants puis des regards remplis de tristesse, d’incompréhension et de déception. Ensuite, il y a eu mes cheveux qui restaient accrochés à la brosse et un temps des fêtes que j’ai passé à dormir, complètement épuisée et frigorifiée. C’est ironique quand on y pense : à vouloir être tellement belle, je suis devenue la version de moi-même qui l’était le moins. Confrontée à ma situation en chute libre, j’ai fini un matin dans le bureau d’un médecin qui me parlait d’hospitalisation. Ma définition de la beauté était synonyme de “likes” sur Instagram, pas de manquer l’école pour être nourrie de force par des inconnus. Désorientée, j’ai perdu la tête un moment. Je ne savais pas où tout cela me mènerait, mais j’ai cidé que j’allais prendre soin de moi. J’ai pris 25 livres. Qu’est ce que ces 25 livres m’ont permis de gagner? De belles joues roses, la joie de pouvoir reporter mon jeans bleu préféré, des cheveux forts. J’apprenais pour la première fois à faire confiance à mes signaux de satiété et je pouvais enfin recommencer à faire du yoga chaud. Mon père m’a témoigné de sa fierté à ma guérison et tout d’un coup, la peur irrationnelle de prendre du poids m’a paru très peu payée pour tout ce que j’avais gagné. »

– Anonyme

« En 2014, j’ai décidé que je devais me prendre en main. Je pesais alors 315 livres. À la suite de rencontres avec mon médecin me proposant chaque fois une opération pour perdre du poids, je me suis dit : “Let’s go girl, bouge-toi!”. En mars 2014, j’ai commencé à compter mes calories avec une application sur mon téléphone. Surprise? Ça fonctionnait bien, j’avais de bons résultats et j’ai donc graduellement intégré l’entraînement. En 2016, j’avais perdu 65 livres. Wow, me direz-vous. Je ne pouvais manger sans devoir calculer les macronutriments et les calories de mes aliments. Pour compenser, si je considérais que j’avais trop mangé, je m’entraînais. Je n’avais plus vraiment besoin de mon application puisque je connaissais par cœur les calories de la majorité des aliments que je consommais. Si j’avais une sortie au restaurant, je bougeais durant une heure minimum dans la journée pour encore une fois, composer les calories ingérées plus tard… Je recevais beaucoup de commentaires positifs sur ma perte de poids, personne ne se doutait de ce que je vivais avant que je décide d’en parler. J’étais fière de mes résultats et de l’attention positive que ça engendrait, mais avec du recul, maintenant, je peux dire que j’avais développé un trouble alimentaire. Ma situation s’est améliorée, mais elle n’est pas terminée. C’est un long processus avec moi-même et avec les autres. Dernièrement, on m’a dit que je me laissais aller puisque je m’entraînais moins. Pensez-y deux fois avant de faire ce genre de commentaires à vos proches. »

– Sarah Milliard

« Ma perte de poids est un signe que ma maladie de Crohn est active, que mes intestins sont enflés, qu’il y a de l’inflammation dans mon corps et que j’ai de la difficulté à digérer. À ces moments-là, tout ce que j’ingère passe tout droit, donc je ne digère pas réellement ce que je mange. Je maigris donc. Chaque fois que je perds du poids considérablement et sans raison valable (je ne me suis pas mise à l’entraînement du jour au lendemain et je n’ai rien changé dans mon alimentation qui est déjà bien à mon avis), je me mets à stresser. Je me rappelle que ma maladie est active, que je devrai reprendre des prises de sang et des médicaments puis m’injecter douloureusement mon médicament avec une aiguille. J’ai longtemps eu des changements drastiques au niveau de mon poids et de mon apparence corporelle dus à cette maladie. »

– Marie-Andrée Labonté-Dupuis 

La liste de témoignages aurait pu être bien plus longue.

Brisons les tabous.

Racontons nos histoires.

Respectons autrui.

Le poids et l’apparence physique, sans commentaires.

Par Émilie Potvin

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