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Je suis une « fille plate »

Ce n’est plus vraiment un secret : ma famille le savait, et plusieurs de mes amis s’en doutaient ou étaient au courant. C’est maintenant que je décide de sortir du placard (ou peut-être, de mon lit) : je suis une fille plate.

C’est vrai, n’en doute même pas : je t’écris ces lignes à l’instant, en buvant une tisane à l’eucalyptus, enroulée dans ma robe de chambre en regardant ce qui doit probablement être la dixième tempête de l’année. Et je ne voudrais absolument rien y changer.

Les signes sont évidents depuis longtemps. Enfant, les grandes personnes me disaient toujours que j’avais une vieille âme, que j’étais presque anormalement tranquille. Je n’étais pas du genre à courir dans tous les sens, à sauter sur les lits où à lancer de la peinture partout. On pouvait sans doute me trouver dans un coin avec un livre entre les mains.

Encore aujourd’hui, tu peux me trouver à tourner les pages d’un roman, dans mon café préféré. Ou peut-être simplement les yeux fermés à me laisser bercer par les mélodies qui émanent du tourne-disque posé sur ma table. Je pourrais bien être en train d’écouter un épisode de ma série du moment, en grignotant quelques fruits.

Cette description de ma vie ne suscitera définitivement pas une accélération de ton rythme cardiaque. Rien de très palpitant. Je n’ai rien d’une fille extravertie ou accro aux sensations fortes qui cherche constamment à se dépasser ou à garder chaque infime parcelle de temps occupé. Vraiment, si un jour tu me vois être identifiée quelque part sur Facebook en train de faire de l’escalade sur glace ou à danser dans un gros casino à Las Vegas, c’est assurément que je me suis fait voler mon compte.

Je me suis souvent sentie coupable d’être l’introvertie tranquille que je suis. Face à mes amis qui semblent toujours avoir une activité à faire, je dois avoir l’air d’une religieuse qui aurait fugué du couvent.

Mais au fond, c’est simplement correct d’avoir des intérêts différents! Tu veux aller te faire défoncer les tympans par la basse trop forte d’un club bondé de jeunes gens éméchés? Vas-y, amuse-toi! Mais par pitié, ne viens pas me remettre sous le nez mon absence d’intérêt pour cela.

Ne t’en fais pas, je vais être très heureuse à faire mes affaires plates de fille plate. Et rassure-toi, je ne suis pas si « beige » que ça! J’aime aussi être active, sortir, bouger, socialiser. Je peux aller monter des montagnes, aller à des festivals, souper avec des dizaines d’amis. Tu vas sûrement me voir au bar de temps à autre, à danser sur une table et prendre quelques gin tonics. Mais ensuite, je vais probablement disparaître dans mon cocon pour quelques jours (ou quelques semaines) pour me remettre de cette sortie. C’est simplement dans ma nature d’aimer le calme et la zénitude.

Au final, je crois que de m’étiqueter comme plate serait injuste. Casanière, douillette, paisible, voilà quelques mots qui sonnent mieux à mes oreilles.

À tous mes compatriotes plates et introvertis qui me lisent, vous n’êtes pas seuls! On ne va sûrement pas créer d’association parce qu’on est tous trop bien à chiller en solo, mais sachez qu’il n’y a rien de mal à aimer le repos et la douceur. Être plate, ce n’est vraiment pas si nul que ça! SOYEZ-LE FIÈREMENT!

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4 thoughts on “Je suis une « fille plate »

  1. Salut,

    Un coming-out est vraiment quelque chose de difficile à faire et à vivre pour plusieurs personnes LGBTQ+. Je ne crois pas que c’est approprié d’utiliser ce terme en le banalisant pour expliquer que tu as des intérêts introvertis, plus calmes. J’ai perdu des relations avec ma famille à cause de mon coming-out. La majorité des personnes que je connais qui ont fait un coming-out ont trouvé que c’était une des choses les plus difficiles qu’elles ont eu à faire. Je comprends l’idée derrière l’article honnêtement, mais je crois que ça aurait pu être fait d’une manière complètement différente.

    • L’expression faire son « coming-out » est beaucoup plus vieille que tu penses et a sa propre histoire qui n’est pas JUSTE lié au groupe LGBTQ+. J’espère que tu peux lire l’anglais. De l’article ci-dessous : « The phrase « coming out » did not refer to coming out of hiding, but to joining into a society of peers. The phrase was borrowed from the world of debutante balls, where young women « came out » in being officially introduced to society. »

      http://mentalfloss.com/article/50405/what-origin-phrase-come-out-closet

      Et même wikipedia dans ce cas semble avoir de bonne référence :
      « The present-day expression « coming out » is understood to have originated in the early 20th century from an analogy that likens homosexuals’ introduction into gay subculture to a débutante’s coming-out party. This is a celebration for a young upper-class woman who is making her début – her formal presentation to society – because she has reached adult age or has become eligible for marriage. »

      L’expression est socialement comprise et accepter dans d’autre contexte :
      « Non-LGBT applications : In political, casual, or even humorous contexts, « coming out » means by extension the self-disclosure of a person’s secret behaviors, beliefs, affiliations, tastes, identities, and interests that may cause astonishment or bring shame. Some examples include: « coming out as an alcoholic », « coming out as a BDSM participant », « coming out of the broom closet » (as a witch), « coming out as a conservative », « coming out as disabled », « coming out as a liberal », « coming out as intersex », « coming out as multiple », « coming out as polyamorous », « coming out as a sex worker », and « coming out of the shadows » as an undocumented immigrant within the United States. The term is also used by members of online body integrity dysphoria communities to refer to the process of telling friends and families about their condition. With its associated metaphors, the figure of speech has also been extended to atheism, e.g., « coming out as an atheist ». A public awareness initiative for free thought and atheism, entitled the « Out Campaign », makes ample use of the « out » metaphor. This campaign was initiated by Robin Elisabeth Cornwell, and is endorsed by prominent atheist Richard Dawkins, who states « there is a big closet population of atheists who need to ‘come out. »

      https://en.wikipedia.org/wiki/Coming_out

      De pouvoir accepter la polyvalence d’une expression dans le language courant (qui soit dit en passant évolue constamment et s’adapte au réalité du monde), de bien lire les contextes et surtout de bien dénoter l’intention de son interlocuteur sont des attitudes positives d’ouverture d’esprit et d’acceptation de l’autre basé sur le contexte. Ce que vous avez vécu est profondémment diffcile et a changé votre vie, toutefois, c’est votre expérience qui vous appartient et non le terme qui la décrit. L’expression coming-out sera fortement associé avec la communauté LGBTQ+ pour toujours, mais n’est pas la propriété de ce groupe. Les mots changent, les expressions s’adaptent, les symboles évolus, pour le meilleur et pour le pire.

  2. Perso je trouve que les filles introverties sont les plus géniales! (^-^)
    Les plus fidèles et les plus sensées que j’ai rencontré aussi 🙂
    Parole de gars plate! Hahaha 😛

    PS: Sarah… L’article est excellent… C’était qu’une figure de style, ya pas raison de s’alerter là…

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