Menu

Mon initiation aux romans graphiques

Jeune, je voulais aimer les bandes dessinées. Parce que les autres aimaient ça, parce que j’adorais Astérix à Ciné-Cadeau, parce que les mangas semblaient exotiques. Donc je feuilletais des albums à la bibliothèque, parcourais les Archie dans la salle d’attente de mon orthodontiste. J’ai même acheté un Dragonball (que j’essayais de lire dans le mauvais sens, n’ayant pas eu le mémo disant qu’il fallait les lire de l’arrière à l’avant)!

J’ai essayé. Vraiment. Pourtant, ma tête n’arrivait pas à conjuguer textes et images. J’étais soit attirée vers les formes et les couleurs, soit concentrée à lire les bulles dans le bon ordre de sorte que je devais repasser deux fois chaque page. Le processus devint vite ennuyeux, si bien que j’ai fini par abandonner les bandes dessinées.

C’est à l’université que j’ai pu redécouvrir le genre grâce à une lecture imposée du roman graphique Monsters de Ken Dahl. Bon, le sujet assez difficile ne m’a pas charmé (la vie avec l’herpès n’est pas la thématique la plus accessible selon moi), mais j’ai quand même apprécié ma lecture. Quelque chose avait changé dans les cases, les bulles paraissaient moins chargées et le noir et blanc des images était moins distrayant.

Petit à petit, j’ai découvert différents ouvrages qui m’ont permis de réaliser que je pouvais moi aussi aimer le 9e art. Comme pour tout le reste en littérature, il suffit de trouver le style qui nous convient. Voici justement trois titres qui m’ont permis d’aimer le roman graphique.

Le classique : Maus

Bien que publié dans les années 80, Maus reste un incontournable du genre. Art Spiegelman y relate la persécution des Juifs lors de la Deuxième Guerre mondiale tel que vécu par son père, survivant des camps de concentration. Présentés sous forme animale, les différents clans sont dépeints de manière frappante. Si les Juifs sont les souris, inévitablement les Allemands se transforment en chats et leurs ennemis, les Américains, en chiens. À travers les deux tomes, on suit les traces de Vladek, des premiers temps de la guerre, à Auschwitz, à sa libération. Ce portrait touchant de la guerre offre une vision personnelle des événements, mais aussi de leurs conséquences sur la vie des rescapés et de leur famille.

L’hybride : Zoothérapie

Dans ce petit guide hyper sympathique, Catherine Lepage s’inspire de la sagesse animale pour partager quelques conseils pour survivre en société. Jouant avec les codes de la psycho pop, le livre propose, grâce à de courts énoncés, quelques principes à suivre pour une vie équilibrée. La pression que l’on se met et le rythme effréné que nous tentons de suivre deviennent ridicules lorsque transposés aux animaux. Les dessins, mélangeant couleur et crayon plomb, ont une touche farfelue qui complète à merveille les textes. Impossible de ne pas sourire en tournant les pages. C’est un peu comme une série de pensées de biscuits chinois rassemblées entre deux couvertures.

La nouveauté : Les ananas de la colère

Une mort suspecte au pina colada dans le quartier hawaïen de Trois-Rivières? J’achète! Dès que j’ai entendu parler de ce livre, je n’ai pas pu résister. On suit avec bonheur l’enquête de Marie-Pomme, serveuse à l’Ananas d’or et amatrice de romans policiers, sur une série de morts dans son quartier. L’illustratrice Cathon crée un monde des plus colorés (au sens figuré puisque le livre est en noir et blanc) dans lequel les chemises fleuries sont de mise et les dépendances à l’ananas, fréquentes. Les dessins hilarants rendent honneur à la mode tiki. Une excellente lecture pour échapper à l’hiver!

Photo : Fauve Jutras

Références :

Cathon. Les ananas de la colère, Montréal, Éditions Pow Pow, 2018, 136 p. 22,95 $

Lepage, Catherine. Zoothérapie, Montréal, Éditions Sommes Toute, 2016, 106 p. 19,95 $

Spiegelman, Art. Maus, Tome 1, New York, Pantheon House, 1992, 159 p. 26,95 $

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de