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La patience (par une fille un peu à bout)

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », disait Jean de La Fontaine. Parlons-en, de patience et de longueur de temps. Suis-je la seule, diantre, qui est un peu à bout? À bout du monde qui n’avance pas dans les corridors, de ceux qui n’avancent pas sur les routes, de ceux qui roulent trop vite, de ceux qui ont eu 15 minutes pour faire leur choix dans la file d’un restaurant et qui ne savent toujours pas quoi commander quand c’est leur tour. À bout aussi des enfants qui pleurent pendant toute la durée d’un vol d’avion, de ceux qui reçoivent mille appels au cinéma, de ceux qui facetiment à l’épicerie (oui, chéri, pas besoin de FaceTime pour me rappeler qu’on a besoin de carottes), de ceux qui ne maîtrisent pas les rouages d’un récit et qu’après 20 minutes de monologue, y’a toujours pas de punch

Y’a pas juste le monde qui m’irrite, y’a des choses aussi. Dame nature quand il fait – 45, la petite glace noire qui me fait glisser de tout mon long, les vêtements qui rapetissent toujours, mais qui, ne suivant aucune logique, coûtent plus chers, les films qu’on regarde pour rire et qui nous font finalement pleurer… Les réveils qui ne sonnent pas pis ceux qui sonnent trop tôt, et les roses qui fanent (pourquoi les roses fanent et les mauvaises herbes s’éternisent?).

Je suis la reine de l’impatience, la pire lorsqu’il est question d’attente.

Mais si je suis franche avec vous, je dois vous dire que malgré les tiraillements et le feu qui se manifestent en moi lors de ces moments d’impatience, je me ramène toujours, non sans difficulté, à la place de l’autre. Je me rationalise en appliquant une logique de tolérance… et de patience.

Si on est 7 milliards sur Terre, la moindre des choses serait qu’on apprenne à vivre ensemble. Et ça veut parfois (souvent, dans mon cas) dire de tourner sa langue 15 fois avant de parler, de monter le son de la musique en voiture, de respirer profondément quand un bébé essaie de battre le record Guinness du plus long vol d’avion à pleurer, de choisir une taille plus haute de pantalons même si on sait que notre poids n’a pas changé, de manger du popcorn pendant que le monde parle au cinéma et d’accepter que la beauté des roses réside dans le fait qu’elles sont éphémères.

La patience a ses limites et la mienne, plus souvent qu’autrement, s’effrite.

Mais la patience a aussi ses vertus et c’est toujours apprécié lorsqu’elle nous est retournée.

Patience et longueur de temps, disait de La Fontaine. Prenez-le d’une fille un peu à bout, on a plus à gagner à s’adonner à la patience volontaire que de céder à la petite colère. Parce que les plus belles choses demandent de la patience et du temps. Parce que la journée où ce sera moi qui conduirai trop lentement ou qui aurai un bébé inconsolable (et cette journée viendra), j’aurai besoin de vous, gens patients.

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