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L’histoire de nos chansons

Lorsque je rencontre quelqu’un, je le questionne sur sa musique préférée. Je veux savoir les sons qui motivent cet humain le matin et ceux qui le calment et donnent le « go» à Morphée lorsque la nuit s’invite.

Dis-moi ce que tu écoutes et je te dirai qui tu es.

J’ai une relation bien particulière avec les chansons. Elles sont mes souvenirs, elles disent les mots que je n’arrive pas à prononcer. Elles pleurent les larmes qui me restent coincées dans l’orgueil et chantent la sérénade de l’amour que je suis trop gênée d’avouer.

À chaque chanson son histoire.

Si tu me demandes de me présenter, de te raconter les chemins que j’ai parcourus et les leçons que j’ai mangées, j’aurai sans doute de la difficulté à m’exprimer.

Par contre, je pourrai te raconter l’histoire de ma vie à travers un iPod. J’ai du disparu dans le Red Hot Chili Peppers, de l’amour naïf dans le Journey, du coeur brisé dans le Coldplay et de la motivation dans le Black Keys.

Il y a quelque chose de bien particulier à une mélodie qui ne change jamais de teinte. Un côté surprenant à faire vivre des personnes qui ne sont plus présentes à travers des mélodies et des paroles qu’on a déjà entendues à maintes reprises. Revivre des premiers regards au son de premières notes qui n’ont rien de nouveau.

Si la photographie fige un moment, j’ai souvent l’impression que, de son côté, la musique fige l’émotion. De la même façon que ta mère semble toujours heureuse sur la photo de ton 15e anniversaire, les nuages tomberont toujours sur ton coeur comme au premier jour lorsque tu écouteras une chanson liée à une de tes peines.

Je suis nostalgique. J’aime revivre les émotions d’autrefois et c’est sans doute en partie pour cette raison que j’ai constamment des écouteurs. Je ne me remets pas du passé, j’ai besoin de le ressentir, de sentir que je suis encore liée à lui d’une certaine façon.

Mes chansons et moi, nous avons notre propre langage. Les autres ne comprennent pas ce qu’on se dit, ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe réellement.

Je me perds dans les titres, je me cache dans mes récits d’autrefois.

Je n’ai pas envie que l’on se parle. Je n’ai pas envie qu’on se justifie la personnalité.

Tout ce qu’on pense a déjà été dit.

On tourne en rond. Laissons ça aux vinyles.

Je préfère qu’on s’écoute des histoires.

Source photo de couverture : Unsplash

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